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Le Festival international du Domaine Forget débute en beauté

Une collaboration de Jean-Marc Gaudreau

Emmanuel Pahud

Emmanuel Pahud

27 juin 2014 (QIM) – En cette première soirée de l'été, le Domaine Forget a ouvert la 36e saison de son festival international de musique avec éclat. Ils étaient nombreux à s'être déplacés pour venir entendre la contralto Marie-Nicole Lemieux, le flûtiste Emmanuel Pahud et l'ensemble Les Violons du Roy, ce samedi 21 juin.

Malheureusement, il fallait déplorer un grand absent. Bernard Labadie, en repos forcé, s'est vu contraint d'annuler toutes ses participations pour le reste de l'année. Pour le remplacer ce soir-là à la direction de l'orchestre qu'il a fondé en 1984, Alexander Weimann, claveciniste et chef du Pacific Baroque Orchestra de Vancouver. Les notes du programme sont dithyrambiques à son égard affirmant qu'il est l'un des chefs, solistes et chambristes les plus recherchés de sa génération.

Pour nous montrer à quel point cela est vrai, il a brillamment ouvert la soirée avec la "Sinfonia en Do majeur, RV 116" d'Antonio Vivaldi. De son clavecin, il a dirigé avec fougue les 15 musiciens réunis sur la très belle scène de la salle Françoys-Bernier du Domaine Forget, sachant exploiter avec doigté l'immense richesse de cette formation.

Emmanuel Pahud, un fidèle habitué de Saint-Irénée, célèbre cette année ses 20 ans de belle collaboration avec le Domaine Forget. Nommé instrumentiste de l'Année 1997 lors des Victoires de la musique à Paris il a ébloui un public attentif avec les concertos pour flûte en "Ré majeur, op. 10, no 3 dit Il Gardellino" de Vivaldi et en "Ré mineur" de Carl Philipp Emmanuel Bach. Avec une grande majesté, il s'est joué des embûches et des pièges de ces deux oeuvres concertantes, à un point tel qu'il nous semblait parfois que ses doigts allaient encore plus vite que les ailes d'un colibri. Époustouflant.

Mais Emmanuel Pahud n'est pas qu'un virtuose. Il sait aussi se faire poète lorsqu'il accompagne Marie-Nicole Lemieux, celle qui assume encore cette année le rôle d'ambassadrice du Festival international du Domaine Forget. Que cela soit dans des extraits de "Orlando Furioso", opéra de Vivaldi, dans la cantate "Mi palpita il cor" de Georg Friedrich Haendel ou dans un extrait de la cantate "Ich habe genug" de Jean-Sébastien Bach, les deux complices se sont plu à entrelacer leurs lignes mélodiques, à chaque fois merveilleusement accompagnés par Les Violons du Roy.

On ne se lasse pas d'entendre la très belle voix de Marie-Nicole Lemieux et c'est avec un peu de regret que l'on voyait approcher la fin de ce concert, alors que la Diva a offert à sa mère présente dans les loges la "Fra tempeste funeste a quest'alma" de l'opéra "Rodelinda" de Georg Friedrich Haendel. Difficile d'imaginer plus beau cadeau d'anniversaire. Et que dire de celui qu'elle nous a offert en rappel avec le poignant "Ombra mai fu" de Goerg Friedrich Haendel.

Soulignons en terminant qu'Alexander Weimann aura su relever avec adresse et brio le défi de nous faire oublier l'absence de Bernard Labadie, ce qui n'était pas une mince tâche.

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