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Un ennemi du peuple, ou quand le théâtre conscientise

Un commentaire de Roger T. Drolet

Un ennemi du peuple - photo: Arno Declair

Un ennemi du peuple – photo: Arno Declair

30 mai 2013 (QIM) – Savoir d'où on vient pour mieux comprendre où on va! Le dramaturge norvégien Henrik Ibsen avait probablement cette maxime en tête à l'aube de la Révolution industrielle à la fin du XIXe siècle lors de l'écriture de Un ennemi du peuple.

Jouée pour la première fois en Europe en 1883, il y a donc 130 ans, le moins que l'on puisse dire est que les combats idéologiques que cette oeuvre évoque et les questions qu'elle suscite chez le spectateur n'ont rien perdu de leur actualité. Brillamment mis en scène par le réputé Thomas Ostermeier (qui a remanié 80% du texte original avec Florian Borchmeyer) et livré en allemand avec surtitres en français, ce drame social décortique admirablement les thèmes du pouvoir et de la corruption avec, en trame de fond, une question environnementale universelle.

Un scientifique, le Dr Stockmann, constate que l'eau d'une communauté est contaminée et veut publier un article dénonçant les abus industriels qui mettent de cette manière la santé publique en danger. Ses alliés naturels retournent leur veste lorsque Peter, le frère du chercheur, un politicien en vue, s'oppose à cette divulgation pour des considérations économiques. La sympathie acquise au premier s'effrite totalement sous l'effet des arguments alarmistes du second.

Comment se dénouera cette confrontation entre les deux frangins? Avant de le découvrir, les spectateurs se voient tout à coup interpellés directement par plusieurs acteurs qui déambulent dans la salle jouant la provocation et, en s'exprimant en français, leur donnent la parole. Un truc participatif fort bien amené qui donne un électrochoc à la salle. Dans une salle éclairée, les réactions se font contagieuses.

Ainsi, aux deux-tiers de la soirée, la salle s'enflamme soudain et l'enjeu théâtral devient social. Le droit citoyen et les valeurs humanistes priment spontanément chez les spectateurs. Mais les détracteurs-comédiens reprennent l'attaque et bombardent littéralement de peinture celui qui tient le rôle principal, acte violent de réprobation qui ne manque pas de symboliser le désordre de certaines manifestations populaires contemporaines.

Même si la première partie de la pièce m'apparut assez conventionnelle, le metteur en scène réussit subtilement à garder toute l'attention grâce au jeu assuré et enthousiaste des sept très bons comédiens ainsi que par quelques trucs scéniques tels les changements de décors effectués devant l'assistance et ultimement par la tirade, criante de vérité, du personnage du Dr Stockmann plaidant le droit communautaire et la justice sociale. Mais la société du « tout à l'économie » n'a peut-être pas dit son dernier mot...

Un ennemi du peuple de la troupe berlinoise La Schaubühne prit l'affiche le lundi 27 mai dernier dans le cadre du Carrefour international de théâtre de Québec au Grand-Théâtre de Québec pour une seule représentation.

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