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Un Carmina Burana tout en percussions

Une collaboration de Sophie Roy

David Rompré

David Rompré

12 avril 2012 (QIM) - Pour célébrer les 50 ans du choeur Les Rhapsodes de Québec, le directeur musical et artistique, David Rompré a consacré un concert entier à la musique pour choeur et percussions. Les 24 et 25 mars derniers, au Palais Montcalm, le chef a offert en première partie une place de choix à la marimbiste québécoise Anne-Julie Caron. En deuxième partie, il a dirigé le magistral "Carmina Burana" de Carl Orff. Un choix original et audacieux!

En première partie

Le marimba demeure peu connu et est rarement entendu en solo. Anne-Julie Caron, en débutant par "Plaisirs d'amour", une mélodie connue de tous, capte rapidement l'attention de la salle. Sous ses baguettes, des textures riches et des sonorités suaves parviennent aux oreilles des spectateurs. Elle joue du marimba de façon assurée et agile, avec un plaisir évident. Ainsi, le public apprivoise peu à peu les possibilités sonores de cet instrument.

Programme principal

David Rompré a fait le pari de présenter ces "Carmina Burana" de Orff sans grand orchestre. Le compositeur a écrit cette orchestration toute en percussions en 1956, bien après sa version originale avec orchestre. Dans cette partition, on retrouve les choeurs d'adultes et d'enfants, les solistes, la même batterie de percussions que dans l'orchestration originale. Par contre, deux pianos remplacent tous les autres instruments. Les pianistes Anne-Marie Bernard et Dominique Gagnon assument le support harmonique. Impressionnant! Dès le premier accord du "O'Fortuna", nul doute, on sent la force du destin avec une intensité toujours aussi vive.

Cette proposition réduite permet au chef de produire cette oeuvre classique à moindre coût. Mais l'auditoire n'est pas en reste. Au contraire! Tout l'élan rythmique et l'énergie de l'oeuvre sont conservés, le piano faisant aussi partie de la grande famille des percussions.

L'oeuvre est un tryptique, dont les parties chantent successivement la rencontre de l'homme et de la nature "Primo vere", les joies du vin et de la bonne chère "In Taberna" et l'amour "Cour d'amours". Le thème, un hymne au destin symbolisé par la roue de la Fortune qui définit nos vies: "Fortuna Imperatrix Mundi", encadre le tout.

Tout au long du concert, le choeur fait preuve d'une grande précision rythmique et d'une bonne maîtrise des volumes. Il rend bien les nuances et certaines prononciations moins perceptibles dans la version avec orchestre. Des passages mélodiques, souvent couverts par la masse sonore de l'instrumentation dans la version originale, sont ici dévoilés. Dans la taverne, le dialogue entre le choeur d'hommes et le baryton est particulièrement bien exécuté.

La soprano Aline Kutan, le contre-ténor Jean-François Daigneault et le baryton Dominique Côté, les solistes recrutés par Rompré, livrent une excellente prestation. L'interprétation du cygne qui se fait embrocher, de Jean-Francois Daigneault, est poignante.

Lorsque les enfants de la Maîtrise des Petits chanteurs de Québec entrent en scène dans "Cour d'amours", ils ajoutent une texture sonore, plus douce et plus claire, aux timbres déjà présents. Les enfants et la soprano nous offrent de très tendres moments. Enfin, quand le thème "O'Fortuna" est repris en finale par le choeur d'adultes doublé du choeur d'enfants, une irrésistible énergie nous envahit.

David Rompré a réussi son pari: présenter un "Carmina Burana" percutant où les voix s'expriment librement.

Cette soirée mémorable s'est terminée par un rappel presque aussi marquant. Les Rhapsodes nous ont proposé un avant-goût de leur prochain concert: une interprétation chorale du "Vaisseau d'Or" d'Émile Nelligan, mis en musique par André Gagnon. Cet air magnifique, qui nous reste en tête, nous donne assurément le goût de retourner les entendre!

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