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Le violon à l'honneur avec Maxim Vengerov

Une collaboration de Jean-Marc Gaudreau

Maxim Vengerov

Maxim Vengerov

28 février 2012 (QIM) - Maintenant que nous connaissons celui qui succédera à Maestro Talmi, il ne nous reste plus qu'à faire preuve d'encore un peu de patience. Car ce n'est que cet été que Fabien Gabel dirigera son premier concert comme chef de l'Orchestre symphonique de Québec.

En attendant, la ronde des chefs invités se poursuit parfois, comme ce fut le cas en ce 21 février, pour notre plus grand plaisir. Au tour donc de Maxim Vengerov de se produire sur les planches de la salle Albert-Rousseau, dans un programme des plus prometteurs. Cet enfant doué du violon entreprit une très belle carrière musicale dès l'âge de 5 ans.

Pour la première oeuvre de la soirée, il coiffait à la fois le chapeau de soliste et celui de chef. À ses côtés une autre surdouée, la jeune sud-coréenne Soyoung Yoon.

C'était une louable intention que de commencer la représentation avec le "Concerto pour deux violons en Ré mineur, BWV 1043" de Jean-Sébastien Bach. Mais même avec un effectif réduit, les musiciens de l'OSQ ne sont pas parvenus à faire preuve de cette légèreté et de cette pureté à laquelle nous ont habitué les petites formations spécialisées dans la musique baroque, telles les Violons du Roy. Cela nous a valu une interprétation honnête sans plus.

Qu'importe. La table était mise pour une des deux oeuvres maîtresses de la soirée, le célèbre "Concerto pour violon en Ré majeur, op. 35" de Piotr Ilitch Tchaïkovski. Comme toujours, le répertoire romantique sied bien aux musiciens de l'OSQ, surtout lorsqu'ils sont habilement dirigés. D'avoir déjà interprété cette oeuvre comme soliste conférait probablement à Maxim Vengerov un regard d'une grande acuité sur le rôle de l'orchestre, lui permettant de tirer le meilleur des musiciens.

Quant à Soyoung Yoon, au fur et à mesure qu'elle nous subjuguait par sa dextérité et son élégance à jouer d'un Stradivarius de 1710, appelé King George (selon les notes du programme), on comprenait pourquoi le jury du plus récent concours Henryk Wieniawski lui avait permis de décrocher le premier prix.

Sa cadence dans l'Allegro initial était à l'image de toute son interprétation: éblouissante de virtuosité, empreinte de raffinement et d'élégance, nimbée d'une auréole de charme et de grâce. Son interprétation valait à elle seule le déplacement.

Contrairement à certains solistes qui se hasardent un peu trop témérairement à la direction d'orchestre, Maxim Vengerov a fait ses classes auprès de grands maîtres russes. Cela transparaissait dans l'assurance dont il a fait preuve à diriger la "Symphonie no 3 en Mib majeur, op. 55, dite l'Héroïque" de Ludwig van Beethoven.

Avec sa carrure athlétique, il semblait parfois vouloir saisir l'orchestre à bras-le-corps, pour en jouer comme d'un instrument. Sa vision de "l'Héroique", habitée d'une fougue et d'une énergie toute russes, ne ralliera peut-être pas tous les mélomanes. Mais elle a su charmer un public qui, comme à son habitude, lui a offert une très belle ovation.

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