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Le Québec franco musical à la dérive?

Un billet de Roger T. Drolet

3 décembre 2011 (QIM) – Il y a longtemps que je suis inquiet. Quand j'étais à la radio musicale de Québec, je passais pour le rêveur à côté de ses pompes lorsque je prônais le respect des quotas de musique francophone en ondes. Mes collègues me traitaient d'illuminé sous prétexte que le public réclamait les hits anglophones. C'est à ce moment que je me suis rendu compte que l'offre conditionnait la demande. Et je l'ai démontré dans un mémoire de maîtrise... en 1986.

Québécois de souche mais éduqué à la musique pop par les Beatles, j'ai toujours considéré que tous les styles musicaux se valaient, pouvaient coexister et qu'il n'y avait finalement que deux genres de musique: la bonne et la mauvaise.

Même si la musique est un art, sa commercialisation est à la merci des techniques de marketing de plus en plus subtiles et, comme l'hégémonie de la culture anglo-saxonne perdurera encore un certain nombre de décennies, il faut s'interroger collectivement sur l'avenir de la diffusion de la musique québécoise d'expression française alors que le Web, déclassant tous les anciens médias, est devenu LE moyen de transmission et de communication mondial.

C'est pourquoi, en mars 1999, à l'aube de l'Internet grand public, je créais, avec deux camarades visionnaires, le site Québec Info Musique, une encyclopédie musicale virtuelle des artistes et des oeuvres du répertoire francophone du Québec. Le site existe toujours et est entretenu bénévolement par quelques passionnés qui apprécient le « son » de chez nous. La chanson n'est-elle pas un véhicule bien distinctif permettant de se définir culturellement et de partager nos émotions avec autrui où que l'on soit sur la planète?

Heureusement, je ne suis pas le seul à tenter de trouver des solutions viables pour faite voyager la musique chantée en québécois. Les artistes eux-mêmes ne baissent pas les bras et leurs créations sont de plus en plus variées et nombreuses à être accessibles. Les gouvernements ont aussi quelques programmes auxquels les auteurs compositeurs interprètes peuvent souscrire afin de traverser les étapes menant de la création à la diffusion. Les maillons de la chaîne industrielle sont toutefois devenus assez complexes pour qu'il soit nécessaire de se regrouper pour arriver quelque part.

Au Québec, l'Association du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) exprime haut et fort, depuis plus de 30 ans, que le milieu est aussi vivant que possible dans un « marché » de 7 millions d'habitants et plusieurs chanceux connaissent un grand succès dans la francophonie. Aucun(e) élu(e) provenant du Québec n'est toutefois arrivé(e) à dominer les palmarès mondiaux en chantant exclusivement en français tout en se démarquant du mainstream anglo-américain. Les Français n'y parviennent pas plus d'ailleurs.

Est-ce à dire que personne n'y parviendra jamais? Bien malin qui pourrait le dire. La créativité et la symbiose spontanée entre un artiste et le public sont des réalités bien difficiles à analyser. Aucune recette n'est infaillible même si plusieurs pistes peuvent être suivies (voir le texte de Martin Véronneau).

Faire sa place dans le showbusiness mondial est une chose, un rêve, une utopie... mais simplement réussir à se faire connaître et apprécier par un public local dont les créations sont comme un miroir est une simple question d'équité.

Pas plus tard que le 30 novembre dernier, le journaliste Marc-Antoine Ménard de Radio-Canada publiait d'ailleurs une intéressante analyse à ce sujet.

Les amateurs de musique que nous sommes doivent prendre conscience que nous avons le pouvoir de choisir la musique francophone d'ici et de l'exiger auprès de ceux qui la diffusent. Nous savons tous qu'elle existe, mais encore faut-il qu'elle soit accessible. Ce bout de l'équation appartient à ceux et celles qui offrent des contenus à leurs publics: diffuseurs de spectacles, médias écrits et électroniques, producteurs de contenus et fournisseurs d'accès à Internet sont les premiers concernés. Mais il y aussi les gouvernements qui ne doivent pas se désengager de cette mission sociale et économique qu'est la promotion de notre identité nationale via la chanson et la musique francophone créées au Québec. Enfin, il y a vous et moi qui devons faire l'effort de débusquer les notes et les mots qui peuvent nous émouvoir tout en étant à notre image; ceux du Québec français qui mérite de survivre à notre époque tumultueuse et incertaine.

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