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Deuxième édition réussie pour Limoilou m'en chante

Un commentaire de Richard Baillargeon

9 octobre 2011 (QIM) – Pour sa seconde année, le festival Limoilou m'en chante a confirmé la solidité de sa formule en mettant à l'affiche une belle diversité musicale et une belle richesse de propos. Le tout en divers styles et approches.

Premier soir

photo: Albert Weber

photo: Albert Weber

Après une ouverture alpestre, gracieuseté du joueur de cor des Alpes Zaneth, le second festival Limoilou m'en chante débutait par une prestation presqu'intime de Robert Charlebois. L'adaptation en formule intermédiaire de son spectacle Avec tambour ni trompette, généralement présenté en grande salle ou même sur scène extérieure depuis le printemps 2010, convient tout à fait à un public curieux et attentif. Pour l'occasion, il a évoqué le flou contextuel de certains volets de son répertoire comme la pièce "Limoilou" qu'il situe justement parmi ces moments d'absence... de son époque psychédélique. Ce qui ne l'a pas empêché de reprendre quelques fleurons du genre comme "Dolorès", "Québec Love", "Chu d'dans", "Tout écartillé"...

La révélation fut ailleurs, toutefois: L'interprétation de "Lindberg", seul au piano en ouverture de spectacle, rappelle qu'au-delà des effets spéciaux, qu'il rend par des sifflements bien dosés, celle-ci demeure une « sacrée bonne toune ». Il en va de même de certaines de ses plus récentes, que le texte en soit actuel "On n'en guérit jamais" ou qu'il remonte aux siècles lointains ("Ne pleure pas si tu m'aimes" dont le texte est de Saint Augustin), et de titres moins connus de Réjean Ducharme dont il a souligné l'importante contribution avec des perles comme "Dix ans" ou encore "Insomnie" qu'il offrait en fin de deuxième rappel.

Deuxième soir

photo: Albert Weber

photo: Albert Weber

La soirée du jeudi était consacrée à la neuvième soirée Salut Sylvain! Cette année, c'était au tour de Jessica Vigneault, Philippe Noireault et Annie Poulain de prêter leurs voix au chantre de la Basse-Ville de Québec. Réuni pour une première fois sur les mêmes planches, le trio a brillamment exploré le répertoire connu et moins connu de Sylvain Lelièvre, alternant entre la gravité de titres comme "Lettre sans adresse" ou "Venir au monde" et la légèreté d'un "Programme double" ou des "Choses inutiles", tout en soulignant les constats désolants cachés derrière certaines mélodies à succès ("Qu'est-ce qu'on a fait de nos rêves", "Marie-Hélène").

La complicité entre les trois artistes sur scène ajoutait une touche interactive qui a permis de rappeler tantôt l'ironie mordante de certains textes ("Abraham et papa", "Le croque-mort à coulisse"), ailleurs tout le potentiel de la comédie humaine ("Le joueur de piano", "La corde de la"). Bien sûr, le versant jazzé de l'artiste disparu y était bellement célébré.

Troisième soir

photo: Albert Weber

photo: Albert Weber

Au troisième jour, les mélodies se sont faites voyageuses. Avec la présence de Michel Bühler et de Bruno Brel, c'est un peu de l'Europe qui prenait place 8e Avenue. Armés simplement de leur guitare respective, le Suisse et le Belge ont livré un aperçu de leur approche de véritables artisans de la chanson en un peu plus d'une heure chacun. Première découverte: Bühler est un curieux amalgame entre la félicité d'un Leclerc et l'audace d'un Dylan. L'auteur compositeur interprète, qui fait preuve d'une lucidité extrême quant à son statut avec "Les tribulations d'un chanteur en Suisse", n'hésite pas à se prononcer sur les enjeux de société avec des compositions comme "Les immigrés", "Kosovo", "Ainsi parlait un vieil Indien", tout en sachant apprécier les doux moments passés "Rue de la Roquette" ou dans l'ambiance tranquille d'un "Café arabe".

Bruno Brel, de son côté, assume son ascendant parental et n'oublie pas de saluer l'oncle Jacques tout en dévoilant sa verve toute personnelle. Lui aussi aborde la question de l'Autre et les situations conflictuelles avec "Les émigrants", "La rivière Bambou" avec une franchise à en donner des frissons. Par ailleurs, qui pourrait résister à "La terre de Picardie" ou "L'oiseau blessé"? Les deux artistes ont un souci marqué de la communication avec le public et avaient d'ailleurs participé, la veille, aux Cabarets de fin de soirée qui sont tenus dans le foyer de la Salle Sylvain-Lelièvre. Ces diverses sessions après-spectacle ont permis de revoir tour à tour plusieurs des participants et quelques invités de passage: André Thériault, Denis Pétermann, Caroline Desbiens et Mario Gravel. Une façon de démocratiser la chanson, s'il en est besoin.

Quatrième soir

photo: Albert Weber

photo: Albert Weber

Enfin, le quatrième volet de l'édition 2011 accueillait une résidente de Limoilou en plein élan artistique, née à quelques rues du Cégep où l'on retrouve la salle Sylvain-Lelièvre: Marième. L'énergique chanteuse, que l'on connaît aussi pour son implication dans le groupe CEA, a livré presque tous les titres de son récent album dont ses "Vert, jaune, rouge" et "Je rêve qu'on recommence", "Le soleil (emmène au soleil)" de Jean-Pierre Ferland, "Tous les garçons et les filles" de Françoise Hardy et quelques titres-fétiches du groupe ("Beau comme on s'aime" de Yann Perreau, "Mes idoles"). De façon surprenante, le public naturel de ces artistes était peu nombreux, une partie étant sans doute attirée par les prestations d'Envol et Macadam qui se déroulait au même moment, ce qui leur aura surtout permis de se faire entendre d'un nouvel auditoire.

La chose a son importance, car la démarche de CEA et de Marième, comme l'expliquait Big Lou au cours de la soirée, a une incidence intergénérationnelle. Autant leurs reprises de chansons des années 60, 70 ou 80 permet à leurs fans d'avoir une idée de ce qui s'est fait auparavant, autant le fait de se faire entendre d'un public plus âgé comme en ce premier samedi d'octobre (soulignons qu'un réel effort est fait pour que leurs paroles soient audibles) peut faciliter une meilleure acceptation des rythmes et des sonorités actuelles. Le groupe a offert des remerciements et félicitations bien mérités à Pierre Jobin, l'âme de ce festival, réaction partagée unanimement par le public mélomane. On ne peut que souhaiter qu'on en chante davantage!

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