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Alain Lefèvre: de la grande classe

Une collaboration de Jean-Marc Gaudreau

Alain Lefèvre

Alain Lefèvre

3 octobre 2011 (QIM) – Alain Lefèvre n'est pas seulement un pianiste remarquable. Il est aussi un excellent communicateur. Chaque dimanche avant-midi, il prend le micro d'Espace musique pour nous faire découvrir la musique classique, souvent à travers ses propres expériences. Il le fait si bien qu'en 2010, l'Association for International Broadcasting le consacrait personnalité internationale de l'année catégorie radio, le jury reconnaissant que « sa passion véritable pour les choses dont il parle transparaît de façon remarquable ».

Voilà que, loin de s'asseoir sur ses lauriers, Alain Lefèvre a accepté d'être artiste associé de l'Orchestre symphonique de Québec pour les trois prochaines années, une première canadienne. En plus de jouer à l'occasion avec l'OSQ, il sensibilisera les jeunes du secondaire à la musique classique, agira comme mentor auprès de la relève musicale et fera la promotion de la musique canadienne. On comprend qu'après avoir tant fait pour réhabiliter la musique d'André Mathieu, ce rôle d'ambassadeur lui sied à ravir.

Pour le concert inaugural de la saison 2011-2012 de l'OSQ, donné ce 14 septembre à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec, Alain Lefèvre a littéralement subjugué l'auditoire avec son interprétation enflammée du "Quatrième concerto pour piano en Sol mineur, op. 40", de Sergueï Rachmaninov. Animé d'une furie époustouflante, semblant parfois tomber en transe, se déchaînant littéralement sur son instrument, il a vu ses efforts couronnés par un public ravi qui lui a réservé une ovation monstre.

Qu'elle soit ou non de lui, l'idée de diffuser simultanément ce concert sur un écran installé à l'extérieur du Grand Théâtre de Québec a sûrement du plaire à Alain Lefèvre. Et c'est là qu'il s'est rendu à l'entracte, pour donner en rappel avec la même fougue électrisante le "Concerto de Québec" d'André Mathieu dans sa version pour piano solo. Voilà un artiste associé qui prend sa mission de démocratiser la musique avec sérieux. Et qui le fait avec classe. De la très grande classe.

On ne connaît pas encore le nom de la personne qui succédera à Yoav Talmi à la tête de l'Orchestre symphonique de Québec. Pour la saison 2011-2112, les musiciens devront composer avec de nombreux chefs invités. Ce soir-là, ils jouaient sous la baguette de Rossen Milanov, chef associé de l'Orchestre philarmonique de Philadelphie.

L'espace manque pour saluer sa direction toute en élégance et en sensibilité de la célèbre "Symphonie no 9 en Mi mineur, dite Du nouveau monde" d'Anton Dvorak. Le souffle épique que ce maestro a su insuffler à cette oeuvre lui a valu à lui aussi une longue et très belle ovation pleinement méritée.

La soirée avait très bien commencé avec "L'ouverture les Hébrides, op. 26" de Félix Mendelssohn. Les musiciens, attentifs à la direction inspirée de Rossen Milanov, ont su instaurer un très bel équilibre entre les cordes, les cuivres et les percussions, équilibre qui est resté présent tout au long de la soirée.

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