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Tout un banquet musical: Edgar et ses fantômes 2011

Un commentaire de Roger T. Drolet

Edgar et ses fantômes

Edgar et ses fantômes

1er février 2011 (QIM) – Précédé par le succès phénoménal de cinq compilations discographiques vendues à 250 000 exemplaires, c'est un menu fort digeste que le grand communicateur et mélomane Edgar Fruitier nous a présenté, devant une salle Louis-Fréchette comble au Grand Théâtre de Québec, ce spectacle fort couru intitulé Edgar et ses fantômes. Mettant en vedette non seulement la musique mais quelques grands compositeurs ayant vécu à différentes époques, on y voit des artistes qui s'amusent vraiment durant toute la représentation en nous apprenant aussi un peu comment vécurent ces grands personnages. Nous y étions lors de la prestation du 27 janvier dernier.

Il y a deux ans, j'avais été charmé par The New Riga Theatre, une troupe de Lettonie, qui présenta, au Carrefour international de théâtre, une création complètement déjantée avec comme seule trame sonore, les chansons originales de Simon & Garfunkel. Aucun dialogue. Qu'une bande de jeunes qui apprenaient la vie dans ce qu'elle a de rigolote et de triste. Et quelques bruits, ceux des objets manipulés par les comédiens, ceux-ci inconnus au Québec. Que les titres du duo américain dans leurs versions originales. Quelle belle idée, mais qui aurait pu tourner au vinaigre. Je m'y amusai toutefois beaucoup.

Mais avec Edgar, la musique est bien vivante tout comme ses compositeurs, fussent-ils décédés depuis longtemps. Le voici donc qui arrive chez lui, se met à sommeiller et rêve que quatre de ses compositeurs préférés se retrouvent par magie dans son salon. Le décor est également habité par un vrai orchestre, en l'occurrence Les Violons du Roy, brillamment dirigé par Jean-Pascal Hamelin. Dans cette ambiance d'aujourd'hui, quatre comédiens chevronnés nous racontent des épisodes de vie des musiciens qu'ils incarnent, intercalés de leurs oeuvres. Vincent Bilodeau devient J-S Bach le patriarche, André Robitaille un Mozart émotif, Sylvain Massé révèle un Beethoven torturé et Renaud Paradis fait découvrir ce frêle Éric Satie lunatique mais combien branché sur son art. De fréquentes interactions avec les musiciens des Violons nous rappellent comment, en d'autres temps, l'exécution musicale n'était pas banale. Parmi les 22 pièces interprétées durant le spectacle de deux heures quarante cinq, on en y insère même judicieusement certaines d'autres compositeurs.

Ces quatre musiciens, il faut se le rappeler, n'étaient pas contemporains mais ils se sont influencés l'un l'autre. Ils ont, chacun à sa manière, fait progresser l'art musical malgré les aléas de leur vie personnelle évoquée ici suffisamment pour que nous réalisions que leur notoriété actuelle ne fut pas instantanée.

Mais de semblables monstres de la création qui se rencontrent ainsi pour une unique occasion en face à face n'est pas sans provoquer escarmouches, flatteries et épanchements toujours tempérés par les interventions de M. Fruitier qui, grâce à son amabilité et ses connaissances encyclopédiques du répertoire, se lie d'amitié avec ses hôtes et ne perd pas une occasion de nuancer les esclandres du quatuor. Tous finiront néanmoins par reconnaître les mérites des autres et se congratuler cordialement.

Beau voyage dans l'histoire de la musique des siècles passés que ce mélange de deux arts complémentaires pas si simples à unifier. Le théâtre et la musique se lient ici intimement grâce au texte fort bien documenté et pétillant de Normand Chaurette et à une mise en scène captivante et agile de Normand Chouinard. De quoi vouloir se replonger dans ses classiques, comprendre que la bonne musique n'a pas d'âge et que ses grands créateurs sont bien humains. Une superbe performance bien rôdée à la portée de tous.

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