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Mozart au sommet

Une collaboration de Jean-Marc Gaudreau

Bernard Labadie

Bernard Labadie

15 juin 2010 (QIM) – Pour ce qui devait être, en ce deuxième mercredi de juin, leur dernier concert de la saison, les Violons du Roy avait invité Benedetto Lupo à venir nous interpréter l'ultime "Concerto pour piano no 27 en en Sib majeur K. 595" de Wolfgang Amadeus Mozart.

La première rencontre entre cet artiste italien et Bernard Labadie remonte à 2004, lors d'une prestation offerte à Seattle. Depuis, il multiplie les occasions de jouer avec les Violons du Roy, étant particulièrement séduit par la quête du Maestro à faire revivre l'esprit d'une époque sans le recours à des instruments anciens.

L'interprétation de Benedetto Lupo, d'une remarquable délicatesse, s'accordait bien au caractère intime de cette oeuvre pleine de nuances et de demi-teintes. De ses doigts agiles, qui parfois ne semblaient qu'effleurer les touches du piano, il a joué avec une sobriété et une retenue qui contrastaient agréablement avec l'élan et l'entrain insufflés par Bernard Labadie à ses musiciens. Ce n'est qu'au passage des cadences que le pianiste se sera permis un peu plus d'exubérance.

Ce concerto s'insérait au programme entre deux oeuvres de Mozart. La "Symphonie no 33 en Sib majeur, K. 319", courte pièce de facture classique, et la célébrissime "Symphonie no 40 en Sol mineur K. 550". Cette avant-dernière symphonie du fameux compositeur se reconnaît aisément grâce à la mélodie de l'Allegro initial, d'une ravissante beauté mélancolique.

Dans ces deux oeuvres, Bernard Labadie nous a présenté sa vision d'un Mozart qui, malgré l'accablement devant les problèmes financiers et des difficultés morales, ne cesse pas pour autant de célébrer la vie.

C'est ainsi que le Maestro a dirigé les trois temps de la soirée avec fougue et énergie, adoptant des tempi enjoués, parfois même frénétiques. Plus la soirée avançait et plus nous assistions à un crescendo d'énergie, dont l'Allegro final de la "40e symphonie" constituait une belle apothéose. Vraiment, Labadie est aussi à l'aise dans le répertoire classique que dans le répertoire baroque qui a tant fait pour la renommée mondiale de sa formation musicale.

Pour cette soirée, l'ensemble orchestral était réduit à 6 premiers et 5 deuxièmes violons, 3 altos, 3 violoncelles, 1 contrebasse, 2 cors, 2 bassons, 2 hautbois et 1 flûte traversière. Le résultat était un son épuré, d'une belle clarté, particulièrement mis en valeur par les qualités acoustiques de la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm.

Finalement, c'est le dimanche 13 juin que les Violons du Roy ont achevé leur saison avec un concert du flûtiste Maurice Steger, dont la prestation avait du être reportée suite au réveil récent d'un volcan islandais. La présence de cet artiste, qui s'est vu qualifié de Paganini de la flûte par la critique, fut une belle invitation auprès des mélomanes à terminer la saison en beauté.

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