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Une soirée sous le signe du rythme avec Kent Nagano

Une collaboration de Jean-Marc Gaudreau

Kent Nagano

Kent Nagano

30 janvier 2010 (QIM) – Kent Nagano et l'Orchestre symphonique de Montréal en étaient à leur deuxième visite à Québec en trois ans. En 2007, ils nous avaient offert comme pièce de résistance la "Septième symphonie" de Beethoven. En ce 22 janvier, nous étions invités à plonger au coeur du répertoire du XXe siècle avec des oeuvres de Claude Debussy, Olivier Messiaen et Igor Stravinsky.

Reconnaissons d'emblée que le public de la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec a réservé son plus bel accueil à "L'Oiseau de feu" du compositeur russe Igor Stravinsky. Ce ballet créé en 1910 est le premier des trois que Stravinsky composera pour les ballets russes dirigés alors par Serge Diaghilev.

Kent Nagano a privilégié les aspects expressifs et symphoniques de l'oeuvre, de préférence à son côté narratif et anecdotique, nous offrant une version d'une grande clarté orchestrale propre à faire ressortir l'ambivalence entre la tradition et la modernité de la partition. Les cordes se faisaient évocatrices à souhait dans les passages d'une facture plus classique alors que le Stravinsky annonciateur du "Sacre du printemps" était rendu avec précision et un haut sens du rythme par les cuivres et les percussions.

Auparavant nous avions eu droit à une oeuvre rarement entendu en concert avec les "Couleurs de la Cité céleste" du compositeur français Olivier Messiaen. Créée en 1964, elle fait appel à un piano, un ensemble à vents et des percussions, dont trois xylophones. Le titre est en référence avec cinq passages de l'Apocalypse. C'est une oeuvre tout en rythmes et en oppositions que Messiaen lui-même comparait à « des personnages agissant sur plusieurs scènes superposées et déroulant simultanément plusieurs histoires différentes ». Le Maestro, avec toute la précision technique et analytique qu'on lui connaît, a rendu encore là avec une très grande clarté sonore ces multiples discours musicaux simultanés, riches en coloris et en contrastes. Une version lumineuse qui a malgré tout laissé le public sur sa réserve.

Le saxophoniste Branford Marsalis s'est joint à l'orchestre pour l'interprétation de la "Rhapsodie pour saxophone alto et orchestre" de Claude Debussy. Cette courte pièce sans prétention, et beaucoup moins connue que le "Prélude à l'après-midi d'un faune" ou "La mer", se révèle d'une écoute agréable. Branford Marsalis s'est montré un interprète capable à la fois de virtuosité et de retenue, disposé à se laisser fondre parmi les musiciens de l'orchestre, sans chercher à se mettre en valeur indûment.

Avant l'entracte, la soirée s'est faite encore plus intimiste avec la transcription pour saxophone et piano d'un lied de Brahms et d'un autre de Schubert. Le saxophoniste était accompagné pour l'occasion par la pianiste de l'Orchestres symphonique de Montréal, Olga Gross. Celle-ci s'était particulièrement illustrée précédemment dans l'oeuvre de Messiaen.

Avec ce concert Kent Nagano mettait à l'avant-scène son haut sens de la rythmicité. Il est tout à son honneur d'avoir présenté un programme constitué uniquement d'oeuvres d'une grande contemporanéité, sans chercher à y insérer une valeur sûre du répertoire classique ou romantique. On se plaît déjà à rêver à sa prochaine visite.

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