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Sidi Larbi Cherkaoui et les moines du temple de Shaolin

Une collaboration de Jean-Marc Gaudreau

Sidi Larbi Cherkaoui

Sidi Larbi Cherkaoui

24 novembre 2009 (QIM) – Dans le cadre de sa saison de danse 2009-2010, le Grand Théâtre de Québec présentait à la salle Louis-Fréchette, le lundi 16 novembre dernier, Sutra une chorégraphie de l'artiste Sidi Larbi Cherkaoui. Le titre de cette oeuvre fait référence à la fois à l'ensemble des sermons de Bouddha ainsi qu'aux règles et aphorismes qui dictent des lignes de conduite pour une bonne vie.

Le chorégraphe, mi-belge, mi-marocain, partage la scène avec 17 moines bouddhistes du temple de Shaolin, dont un âgé seulement de 12 ans. L'artiste plasticien Anthony Gormley a créé pour l'occasion 21 boîtes en bois, suffisamment grandes pour que les moines puissent s'y étendre. D'une grande manoeuvrabilité, les moines s'en servent pour construire des ponts, des cimetières, des murs, des catacombes, des stèles, des colonnes, des arches, des refuges, des barques, des portes. Il faut voir avec quelle habileté ils les manoeuvrent pour créer des décors continuellement en mouvance.

Les moines qui suivent les enseignements bouddhistes du temple de Shaolin apprennent à maîtriser les arts martiaux et à perfectionner tout au long de leur vie leurs aptitudes guerrières, dans le but de leur permettre de comprendre la vie et d'éliminer la peur, en conformité avec l'ancienne croyance chinoise de l'union du ciel et de l'homme.

Ces moines sont donc moins des danseurs professionnels que des spécialistes du kung-fu. Cherkaoui l'a bien compris et leur laisse donner libre cours à leurs arts dans des enchaînements de katas et de gestes martiaux. Ces mouvements exécutés avec célérité et furie contrastent avec l'image que l'on se fait de moines bouddhistes bien assis en lotus, méditant sur la fugacité du temps qui passe.

Cherkaoui se présente sur scène comme un individu solitaire face à cette communauté de moines unis par une même croyance, des mêmes règles de vie et un haut sens de la communauté. Cela lui permet d'explorer les relations de l'individu face à un groupe fermé qui le rejette et le repousse. Seul médiateur entre lui et le groupe, le jeune moine de 12 ans, qui tantôt rejoint les siens, tantôt joue, danse, cabriole avec Cherkaoui, sans sembler prendre position pour l'un ou pour l'autre.

La force de cette oeuvre tient pour beaucoup à la musique du compositeur polonais Szymon Brzoska qui a créé pour l'occasion une oeuvre très forte pour piano, violons, violoncelle et percussions. Présents sur scène, les cinq musiciens, dont le compositeur au piano, livrent avec maestria une interprétation remarquable et particulièrement intense. Loin de chercher à imiter une musique chinoise qui soit loin de sa culture, Brzoska puise à même l'héritage occidental pour nous offrir une oeuvre d'une grande originalité et qui a le mérite de bien desservir le propos de Cherkaoui.

Que cela soit pour violon et piano, violoncelle et piano, cordes, piano et percussion, la musique de Brzoska est en parfaite symbiose avec chacune des chorégraphies qu'elle accompagne. C'est tout autant par cette musique, qui concourt à distiller un profond climat onirique, que par la chorégraphie que Sutra prend tout son sens méditatif.

En remerciement pour l'ovation que le public leur a réservée, les moines, un peu mutins, se sont livrés à des espiègleries enchaînant sur scène sauts et cabrioles, à un point où on se serait cru à une séance de réchauffement de gymnastique au sol.

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