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Radices Musicae: surprenantes improvisations sur la musique liturgique du Moyen Âge

Une collaboration de Jean-Marc Gaudreau

Ensemble nu:n

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6 novembre 2009 (QIM) – C'est dans le magnifique décor de l'Église Saint-Roch, que les organisateurs du Festival des musiques sacrées de Québec avaient invité l'Ensemble nu:n, pour un soir seulement, le 29 octobre dernier. Cet ensemble a été fondé en 2003 par le guitariste allemand Falk Zender en collaboration avec la chanteuse médiéviste montréalaise Rebecca Bain. Avec eux sur scène, la chanteuse torontoise Katherine Hill et le saxophoniste berlinois Gert Anklam.

Puisant au vaste répertoire de la musique liturgique des époques romane et gothique, Falk Zender en propose une association avec des improvisations libres et des expériences sonores nouvelles, dans le but avoué d'explorer tant la beauté intemporelle que la force spirituelle de cette musique, de la transformer en la sortant de son contexte historique et liturgique.

Jan Gabarek nous avait déjà offert, il y a quelques années, un tel mariage de la musique médiévale et de l'improvisation libre avec son magnifique album "Officium" sur lequel le chant de son saxophone venait se mêler de manière toute aérienne, j'allais écrire céleste, aux belles voix de l'ensemble Hilliard.

L'ensemble nu:n pousse cette expérience bien plus loin. Tantôt, le saxophoniste et le guitariste accompagnent les magnifiques voix de Rebecca Bain et Katherine Hill dans leurs interprétations toutes traditionnelles de la musique sacrée du Moyen Âge, tantôt ils se laissent aller à de libres improvisations. Ils transfigurent ainsi, sans les dénaturer et avec grand respect, organums, introïts, graduels, motets, hymnes et autres complaintes issus de cette période fascinante des débuts de la musique polyphonique sacrée.

Il est fascinant d'entendre un "Alléluia" ou un "Mater Dei" débuter de manière toute médiévale pour se transformer en cours de route en des improvisations jazzées des plus contemporaines. Gert Anklam a une façon toute personnelle de jouer du saxophone, et les sonorités plaintives qu'il tire de son instrument se mêlent à la perfection aux voix des deux médiévistes.

Falk Zender a lui aussi une manière qui lui est propre de jouer de la guitare électrique. Grâce à la technologie qui lui permet de diffuser en boucle des accords qu'il vient de jouer, le laissant libre d'en interpréter de nouveaux, il nous donne l'impression qu'il n'y a pas qu'un seul mais bien quatre voir cinq guitaristes sur la scène. Il mêle à plaisir des sonorités s'apparentant à l'oud (instrument à cordes pincées arabe) avec d'autres beaucoup plus électriques, voir même électroniques. Dépaysement musical garanti.

Si le sacré est une invitation à explorer ce qui nous transcende, à découvrir des mondes intérieurs inconnus, alors l'interprétation de la musique sacrée médiévale que nous propose l'ensemble nu:n se révèle idéale pour nous accompagner dans ce pèlerinage, pour faire de nous des pèlerins recueillis.

Un seul dommage, que le public soit venu peu nombreux entendre ces artistes de grands talents, dans des relectures totalement dépoussiérées de la musique sacrée du Moyen Age. Pour ceux que cela questionnerait, « nu:n » est un mot allemand qui signifie « maintenant ».

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