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Daniel Boucher: le rock au ventre

Une collaboration de Roger T. Drolet

Daniel Boucher

Daniel Boucher

11 mai 2009 (QIM) – J'aime Daniel Boucher. Il est un showman né. Il séduit les foules et les met dans sa poche comme peu d'artistes y parviennent. Dix ans de carrière, un succès instantané avec son premier disque, des comparaisons flatteuses avec Robert Charlebois, quelques hymnes qui sont incrustées dans l'âme d'un public jeune et qui s'est élargi au fil du temps, même si l'engouement s'attiédit quelque peu. Quelques semaines après sa rentrée montréalaise et à la suite de la période acoustique qui a précédée, Boucher passe quelques soirs dans la Capitale, à l'Impérial, dont la première du 6 mai à laquelle j'ai assisté. Une représentation en trio avec une quinzaine de titres sur 90 minutes.

Mis à part les décibels et la dégaine à laquelle nous a habitué l'artiste, je dois avouer que cette prestation électrique m'a laissé sur ma faim. En fait, un show est une aventure qui doit surprendre et là, je n'ai rien ressenti. Laissez-moi m'expliquer: la désinvolture de l'auteur-compositeur interprète n'est pas en cause, bien au contraire et en cela, les fans ne sont assurément pas déçus. Cela est clair.

Pourtant, malgré l'énergie qui se dégage de la succession de titres provenant de "Dix mille matins", de "La patente" et de son récent "Le soleil est sorti", j'aurais apprécié quelques musiciens supplémentaires pour saupoudrer d'autres sonorités que celles du triangle guitare-basse-batterie. L'accompagnement d'Antoine Gratton, bassiste et claviériste, et de Sylvain Clavette aux baguettes, bien qu'efficace, laisse, comment dire, des vides qu'un guitariste soliste, un violoniste ou une trompette auraient pu moduler. C'est comme s'il n'y avait jamais de soliste, mis à part les mélodies chantées (ou récitées) dans le style propre à Boucher. Dans les chansons les plus lourdes, quelqu'un qui ne connaît pas les textes des chansons ne peut les discerner car la balance de son ne le permet pas. Tendance malheureusement trop répandue chez les musiciens actuels.

Quant à la mise en scène... néant. Daniel a beau dégager une arrogance contrôlée, elle ne suffit pas à meubler une heure trente sans entracte. Une sensation de déjà vu et déjà entendu émane donc de l'ensemble, malgré l'inclusion de plusieurs titres de son disque nouveau. À tel point que les meilleurs moments sont sans contredit les versions 2009 de "Chez nous" et "La désise", semblables aux versions originales, qu'il étire à bon escient au grand plaisir du public. Oui, le tout sonne tout de même très bien mais en y regardant de près, la complicité entre les membres du trio ne transparaît pas. Chacun semble isolé dans sa bulle. Ce n'est pas le Boucher d'il y a dix ans que j'aurais aimé voir et entendre mais celui d'aujourd'hui. Offrir aux spectateurs ce qu'ils aiment est louable mais, logiquement, le temps doit permettre à un grand artiste de leur faire découvrir de nouvelles dimensions de lui-même. Et ce n'est pas arrivé cette fois-ci. Dommage.

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