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Orphée et Eurydice selon Marie Chouinard

Une collaboration de Jean-Marc Gaudreau

30 septembre 2008 (QIM) - Il me sera désormais difficile de contempler une reproduction du célèbre tableau Le cri du peintre norvégien Edvard Munch sans que viennent s'y superposer les faciès grimaçants des interprètes de la plus récente oeuvre de Marie Chouinard. Avec "Orphée et Eurydice", la chorégraphe explore non seulement les mouvements du corps mais aussi les sons qu'il peut émettre, amenant à maintes reprises ses danseurs et danseuses à rugir des cris primitifs, viscéraux, ou à émettre des sons, bouche ouverte, visage figé, dans un effet des plus saisissants.

Marie Chouinard était de passage à Québec, en ce 23 septembre dernier, pour nous offrir sa lecture toute personnelle de l'histoire d'Orphée et Eurydice. Prenant prétexte de ce mythe pour explorer les mystères de la création artistique et du mouvement corporel, cette extériorisation d'un élan surgi du plus profond de nous, sa chorégraphie se présente comme une succession de tableaux tous plus hallucinants, extravagants, fantasmagoriques les uns que les autres.

La musique originale de Louis Dufort, qui dessert à merveille les desseins de Marie Chouinard, contribue largement au succès de cette oeuvre. Ses trames sonores savent à merveille distiller des climats d'onirisme et d'irréalité en parfaite adéquation avec les scènes présentées, particulièrement celles de descentes aux enfers et de bacchanales.

La grande force de ce mythe grec tient à la détermination d'Orphée, prêt à défier toutes les lois et tous les interdits pour ramener son Eurydice du royaume des morts où elle séjourne après avoir été mordue par un serpent. Hadès, le dieu des enfers, lui accorde ce privilège à une seule condition: il ne devra pas se retourner pour s'assurer de sa présence, avant d'avoir atteint la sortie. Mais tiraillé par la crainte qu'elle ne l'ait suivi, il ne peut s'en empêcher, la perdant ainsi à jamais.

Cette anecdote donne lieu à un des moments les plus émouvants de la soirée, lorsqu'une danseuse interprétant Eurydice descend de la scène pour escalader les sièges de la salle Louis Fréchette du Grand Théâtre de Québec. Au fur et à mesure de sa progression vers l'arrière, des danseurs vont inciter les spectateurs des rangées d'en avant à ne pas se retourner au passage d'Eurydice, car sinon elle va disparaître.

Manière fort ingénieuse de nous permettre de vivre personnellement le défi qu'avait à surmonter Orphée. Mais tout comme pour lui, la tentation est grande de succomber, surtout que la belle Eurydice danse sur les sièges en émettant des sons qui semblent vouloir constituer des phrases, dans un irrépressible besoin de communiquer avec on se sait trop qui. Ajoutez à cela la présence sur scène de deux danseuses soufflant dans d'immenses trompettes dont le son produit s'apparente à celles des lamaseries tibétaines, sur la musique parfois assourdissante de Louis Dufort, et vous comprendrez combien il est difficile de rendre compte en peu de mots de toute la majesté de ce spectacle, créé à Rome le 6 février 2008. Une grande oeuvre signée Marie Chouinard.

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