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Suites cruelles ou le diable est dans les détails

Une collaboration de Jean-Marc Gaudreau

5 mars 2008 (QIM) – Vouloir explorer par la danse l'idée que bonheur et douleur sont indissociablement liés, voilà le beau défi que s'est fixé la chorégraphe Hélène Blackburn. Malheureusement, il faut avouer que c'est un défi à moitié relevé. Tout au long des 70 minutes de ce spectacle, l'on perçoit difficilement l'adéquation qu'elle voudrait établir entre ses tableaux chorégraphiques et les références littéraires qui les sous-tendent, notamment celles issues de l'ouvrage philosophique "Le gai savoir" de Friedrich Nietzsche.

Le problème tient peut-être au fait que cette oeuvre est le fruit d'un travail étroit entre la chorégraphe et les membres de Cas public, sa compagnie de danse. L'on ressent alors cette impression d'assister à l'étalage d'un amalgame d'idées un peu brouillonnes et sans fil conducteur éclairant. Le contenu de certains tableaux se révèle trop sibyllin et aucun ne jettent un regard explicatif sur l'affirmation que « le diable est dans les détails ».

Malgré ces réserves, "Suites cruelles ou le diable est dans les détails" est du beau travail, très bien rendu par cette jeune troupe. Les neufs danseurs et danseuses s'investissent à fond pour illustrer leur vision du déplaisir, de la violence, de la douleur, les rendant omniprésents au point de nous laisser avec le sentiment que si plaisir et douleur sont proches parents, cette dernière semble tenir le haut du pavé.

Ce ballet fait appel à la présence sur scène de deux pianistes jouant, en alternance ou à quatre mains, la musique distinctive de Ana Sokolovic. Le travail de cette compositrice d'origine yougoslave nous avait été révélé par Kent Nagano qui, lors de son passage dans la vieille capitale, avait alors dirigé son "Concerto pour orchestre".

Son recours à une écriture très percussive du piano, notamment dans le tableau où les pianistes Laurier Rajotte et Matthieu Fortin martèlent les notes dans un crescendo presque hystérique, dessert bien les propos de Nietzsche qui proclamait que « celui qui voudrait apprendre à jubiler jusqu'au ciel devrait aussi se préparer à être triste jusqu'à la mort ». Une sentence un peu pessimiste mais qui a le grand mérite de nous faire réfléchir sur la condition humaine.

Cas public est une compagnie qui a vu le jour en 1989. Sa fondatrice, Hélène Blackburn, a su s'imposer sur la scène canadienne et européenne de la danse contemporaine avec la vingtaine d'oeuvres qu'elle compte à son actif. Le nom de sa troupe fait révérence à ses convictions sur le travail collectif et le rôle de l'artiste dans la société moderne.

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