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Le paradis perdu selon Jordi Savall

Une collaboration de Jean-Marc Gaudreau

31 juillet 2007 (QIM) – Dans le cadre de la première fin de semaine du Festival d'été de Québec, Jordi Savall présentait un concert à saveur ibérique intitulé Paradis perdu/Diaspora Sefardi. Le très célèbre gambiste, mais aussi chef d'orchestre, directeur artistique et musicologue était entouré pour l'occasion de la soprano Montserrat Figueras et de comparses de l'ensemble Hespèrion XXI.

Au programme, un magnifique voyage musicale à travers l'Espagne médiévale et la Méditerranée orientale, à la découverte de la richesse de la musique judéo-espagnole. C'est suite à leur expulsion d'Espagne en 1492, que les juifs se virent contraint d'émigrer vers l'Afrique du Nord et l'empire ottoman. Cette diaspora allait donner lieu à la création d'une culture séfarade, intégrant entre autres l'héritage musical d'Espagne et plus largement d'Europe à celui de l'Orient, plus particulièrement de l'Afrique du Nord et des Balkans. Et ce beau voyage sur le pourtour de la Méditerranée, de Sarajevo jusqu'au Maroc, de Salonique jusqu'à la Turquie, de Sofia jusqu'à Jérusalem nous aura permis de découvrir les sonorités particulières et parfois inusitées d'instruments aussi divers qu'un rebab (instrument s'apparentant à la viole) ou un psaltérion (sorte de cithare orientale).

Confortablement installés dans la magnifique salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm, les spectateurs ont pu tout à leur aise découvrir la grande virtuosité de chacun des musiciens avec Jordi Savall à la viole et au rebab, Pierre Hamon à la flûte ou plutôt aux flûtes, Driss el Maloumi au luth oriental, Begona Ovalide au psaltérion et Dmitri Psonis au percussion. Jordi Savall avait judicieusement choisi des pièces propres à mettre en valeur chacun de ces instruments.

Que les pièces proposées soient purement instrumentales ou qu'elles mettent à contribution la voix si particulière de Monserrat Figueras, je suis ressorti avec en tête de magnifiques cartes postales musicales et suis resté longtemps habité par ces airs qui nous sont à la fois familiers et dépaysants. Selon moi, la grandeur de Jordi Savall consiste non seulement à nous faire revivre cet héritage musical, mais à nous révéler à quel point celui-ci demeure encore d'actualité en ce début de nouveau millénaire. J'en veux pour preuve le concert qui se déroulait en même temps sur la scène du Carré d'Youville, où le chanteur algérien Rachid Taha soulevait l'enthousiaste de la foule rassemblée avec ces compositions s'apparentant de loin à de la musique séfarade, version rock. Deux époques éloignées, une même parenté.

C'est en 1974, que Jordi Savall, Montserrat Figueras, Lorenzo Albert et le célèbre luthiste Hopkinson Smith fondèrent l'ensemble Hespèrion XX. Ce faisant, ils se proposaient de sauver de l'oubli tout un pan du riche répertoire de la musique médiévale, renaissante et baroque. Le nom du groupe est issu du grec ancien Hesperio mot qui servait à désigner les personnes originaires des deux péninsules les plus orientales d'Europe, l'italienne et l'ibérique. Avec le changement de millénaire, Hespèrion XX est devenu Hespèrion XXI. Que cela soit avec le Concert des nations, la Capella Reial de Catalunya, Hespèrion XX ou Hespèrion XXI, c'est une discographie de plus de 160 titres que nous offre Jordi Savall.

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