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Une émouvante Passion selon Saint Jean

Une collaboration de Jean-Marc Gaudreau

16 avril 2007 (QIM) – Fin mars, j'avais le bonheur de vivre mon premier contact avec la nouvelle salle Raoul-Jobin, du Palais Montcalm. Expérience qui s'est vite transformée en émerveillement devant la beauté sobre de cette architecture et la disposition de ses sièges confortables. Mais c'est avec l'écoute de la "Passion selon Saint-Jean, BWV 245" de Jean-Sébastien Bach, que j'ai ressenti un véritable coup de foudre, tant l'acoustique s'est révélée un pur ravissement pour l'ouie.

Après deux représentations à Montréal, c'était au tour de Québec d'accueillir, pour un soir seulement, l'Ensemble Arion accompagné par des membres de la Chapelle de Québec, dans cette oeuvre magistrale du grand maître allemand de la musique baroque. L'Ensemble Arion, fondé en 1981, se présente comme un orchestre de musique ancienne, dont les membres jouent sur des instruments d'époque.

La partie vocale était confiée à des membres de la Chapelle de Québec, un choeur de chambre fondé par Bernard Labadie, en 1985. Seulement douze choristes, dont certains comme la soprano Shannon Mercer, le haute-contre Robin Blaze et le baryton Joshua Hopkins assumaient aussi des parties solistes. À tout ce beau monde venaient s'adjoindre les ténors Frédéric Antoun et Mathew Garrett et le baryton Jonathan Job. Près de quarante musiciens dans une interprétation fidèle à celle recommandée par de nombreux musicologues, spécialistes de Bach.

Le charme a opéré dès les premières mesures de l'ouverture, où musiciens et choeur nous révélaient à quoi on pouvait s'attendre de cette soirée: perfection, sensualité, théâtralité et émotion. Cette Passion dont le texte est entièrement en allemand, comprend beaucoup de passages en récitatifs (une manière de chanter un texte qui se rapproche de la déclamation parlée). C'est le ténor Frédéric Antoun, dans le rôle de l'évangéliste Jean, qui s'est vu confier ce rôle des plus importants. La beauté de sa voix n'avait d'égale que l'excellence de sa diction, rendant son allemand parfaitement audible.

À tous ces récitatifs viennent s'intercaler huit arias, deux ariosos et de courts passages confiés au choeur. L'alternance de tous ces récitatifs, passages pour choeurs et pour solistes pourrait faire craindre à la longue une certaine lassitude d'écoute chez l'auditoire. C'est un piège que Bernard Labadie a su admirablement éviter, non seulement grâce à sa très belle direction d'orchestre, mais aussi à l'excellence de l'interprétation de chacun. Quelle splendeur d'entendre en deuxième partie, cet aria pour soliste, viole de gambe et luth, un très beau test, réussi haut la main, pour l'acoustique de cette nouvelle salle. Et quelles voix ravissantes que celles de la soprano Shannon Mercer et du haute-contre Robin Blaze!

Après un "Israël en Égypte" de Haendel, qui s'était attiré les éloges de la critique, ce deuxième concert de Bernard Labadie s'inscrit parmi les moments forts de la saison musicale.

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