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Coquille d'oeil de Lina Cruz

Une collaboration de Jean-Marc Gaudreau

7 février 2007 (QIM) – La compagnie Fila 13 était de passage à Québec, fin janvier, pour présenter la plus récente création de la chorégraphe et danseuse Lina Cruz, intitulée Coquille d'oeil. Cette chorégraphie se déploie en neuf tableaux aux titres fort évocateurs: Déjà vu; Globe ovulaire; Mécanoptique; Particules élémentaires; Kaléidoscope; Nirvana; Friandise cannibale; Instinct paternel; Festin.

Les recherches de cette artiste l'ont amenée à établir des corrélations entre l'oeil et l'oeuf, d'où le titre de l'oeuvre présentée. L'ensemble donne lieu à la représentation d'archétypes où s'entremêlent le ludique et l'onirisme, parfois à la limite de l'hermétisme. Car, jouant à la fois sur l'oeuf comme symbole de la venue au monde, de la fragilité de la vie ou simplement comme source d'alimentation et sur le regard, tant celui que l'on porte que celui que l'on reçoit, les interprètes nous livrent une oeuvre qui ne se laisse vraiment pas apprivoiser au premier coup d'oeil.

La grande originalité de cette chorégraphie tient pour beaucoup à l'interrelation qui s'établit dès le premier tableau, entre les danseuses Lina Cruz et Elinor Fueter et les deux musiciens-compositeurs. Loin de se laisser confiner à la fosse d'orchestre, le percussionniste Julien Grégoire et le flûtiste Guy Pelletier vont évoluer à maintes reprises à travers les danseuses devenant partie intégrante de la chorégraphie. Ils tiendront même la vedette dans un des tableaux, allant jusqu'à... pondre un oeuf.

Véritables hommes-orchestres, ces musiciens nous livrent une remarquable leçon de musique. À tel point, que notre regard se détourne à l'occasion des danseuses évoluant sur scène pour observer, fasciné, ces deux comparses produire les sonorités les plus inattendues, à l'aide d'une multitude d'instruments des plus conventionnels aux plus bizarroïdes.

Tout à leur recherche de sons nouveaux et de combinaisons musicales inédites, ces musiciens, présentés dans le programme comme étant membres du Collectif Traces, créent des univers sonores très originaux, loin de mélodies faciles à fredonner, mais oh! combien envoûtants. Une musique qui s'apparente aux travaux de grands compositeurs du XXe siècle comme Pierre Boulez ou Mauricio Kagel, auprès desquels Julien Grégoire a déjà travaillé.

Tant la musique faite presque essentiellement de rythmes - Guy Pelletier jouant même à l'occasion de la flûte d'une manière percussive - que le jeu saccadé, énergique et parfois même désordonné des danseuses concourent à nous placer devant un spectacle profondément déstabilisant. Comme si le XXIe siècle se proposait de poursuivre la voie bien amorcée au siècle précédent en offrant au spectateur un art qui, loin de le rassurer et de le conforter dans ces certitudes, veut au contraire le déranger et le confronter à un monde de plus en plus complexe et agité.

C'est à la salle Multi de Méduse qu'avait lieu ce concert, le 25 janvier denier, devant un auditoire malheureusement un peu clairsemé, mais qui avait bravé le froid éolien pour saluer avec enthousiasme la prestation offerte. Le prochain spectacle présenté à cette salle sera du 15 au 17 et du 21 au 24 février, avec Les battantes de Caroline Drolet et Véronique Jalbert.

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