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Héloïse et Abélard, le nouvel opéra de Marc Gagné

Une collaboration de Jean-Marc Gaudreau

8 juin 2006 (QIM) – Assister à la création d'un nouvel opéra est un moment privilégié dans la vie d'un mélomane. Le samedi 3 juin dernier est donc une date à retenir. C'est dans la salle Octave-Crémazie du Grand théâtre de Québec qu'a eu lieu la première de l'opéra de scène "Héloïse et Abélard". Cette oeuvre est le fruit d'une commande de David Rompré, directeur musical du Choeur les Rhapsodes, à Marc Gagné. Ce compositeur québécois, ethnomusicologue, organiste et professeur à l'Université Laval, avoue s'être épris de cette histoire d'amour proposée par David Rompré, au point d'en avoir écrit le livret en quelques jours et la musique en quelques semaines.

Ce drame passionnel se passe à Paris, au Moyen Âge, et met en scène deux amants, Héloïse et Abélard, qui se marièrent en secret et eurent un enfant. L'oncle d'Héloïse découvrant la vérité fit castrer Abélard. À la suite de cette mutilation, Abélard connut des années d'errance et de misère et les époux ne devaient jamais se revoir. C'est notamment par la correspondance d'Héloïse, entrée au couvent, à son Abélard que cette histoire nous est connue. À partir de cette trame historique, Marc Gagné a composé ce qui s'apparente à un oratorio (le sujet religieux en moins). Huit scènes sans décors, dont la première est la mutilation d'Abélard, font revivre à l'auditoire le drame de ces amants maudits. Le choix de Marc Gagné de présenter ces scènes dans un désordre chronologique rend plus ardue la compréhension de cette histoire, qui nous est beaucoup moins familière que celle de Roméo et Juliette.

Luce Vachon, soprano, et Guy Lessard, ténor, interprètent les amants maudits, entourés de Dominique Gagné, ténor, Michel Ducharme, basse, Michel Desbiens, baryton, et Robert Huard, baryton-basse, dans les rôles secondaires. Le choeur occupe une grande place, tant dans les passages dramatiques que ceux plus contemplatifs des chants grégoriens. La partie musicale est confiée à trois instrumentistes. Les pianistes, Anne-Marie Bernard et Nathalie Tremblay, réalisent ici un travail colossal, secondées à maintes reprises par l'organiste, Marc D'Anjou. L'interprétation est impeccable. On sent que chacun sur scène s'est pleinement investi dans cette aventure et notamment Luce Vachon, qui nous a rendu courageusement (sa grossesse avancée l'obligeant à chanter à l'occasion assise) une Héloïse émouvante. David Rompré a toutes les raisons d'être fier de cette création.

Il est difficile, après une seule audition, de juger objectivement cette oeuvre. Je laisse le soin à des musicologues plus qualifiés que moi d'en faire une analyse approfondie. Chose certaine, avec l'atonalité et les rythmes fort complexes de la partition musicale, on ne ressort pas de ce spectacle avec de belles mélodies à fredonner. D'ailleurs, il apparaît rapidement que le but recherché ici est la déstabilisation du spectateur et non son ravissement. Personnellement, je crois bien avoir assisté à la création d'un opéra fort original. L'oeuvre de Marc Gagné m'apparaît grandiose, à la hauteur du défi lancé par David Rompré. Je souhaite longue vie à "Héloïse et Abélard".

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