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Carmen, une belle folie d'Espagne

Une collaboration de Jean-Marc Gaudreau

18 mai 2006 (QIM) – Présenter en seulement 500 mots, la dernière production de la saison 2005-2006 de l'Opéra de Québec, relève presque d'une gageure. La simple énumération de tous les artistes et interprètes occuperait la majeure partie de cette chronique. Car il aura fallu beaucoup de monde pour monter le plus espagnol des opéras français, Carmen, du compositeur Georges Bizet. Créé en 1874, à partir d'une nouvelle de Prosper Mérimée, sur un livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, cet opéra devait connaître une popularité qui ne s'est jamais démentie depuis. Qui n'a pas déjà fredonné le fameux air du toréador, ou chantonné "L'amour est un oiseau volage". Au-delà de la simple anecdote d'un amant jaloux qui tue sa maîtresse, Bizet a bien rendu le portrait d'une cigarière, fière et rebelle, préférant mourir assassinée, plutôt que d'aliéner sa liberté.

C'est dans une mise en scène de Louise Marleau et sous la direction du chef d'orchestre américain Willie Anthony Waters, que les solistes, le choeur de l'Opéra de Québec et les musiciens de l'Orchestre symphonique de Québec, auront rendu tout le faste et la magie d'une soirée à l'opéra. Dans le rôle passionné de Carmen, la mezzo-soprano montréalaise d'origine arménienne, Nora Sourouzian, se révèle une excellente interprète de cette gitane ensorceleuse et indépendante. Dans le rôle du tourmenté Don José, le ténor argentin Gustavo Lopez-Manzitti se montre tout aussi convaincant. On en oublie facilement ses quelques problèmes de diction ou que son dos, légèrement voûté, lui donne une allure bien peu militaire.

Autour d'eux, d'excellents interprètes, tel les sopranos Karin Côté et Nathalie Paulin, la mezzo-soprano Julie Boulianne, les barytons Étienne Dupuis, Marc Belleau et Bernard Levasseur, le baryton-basse Olivier Laquerre et le ténor Hugues Saint-Gelais. Soulignons les très belles interprétations de Nathalie Paulin, en Micaëla éplorée et d'Olivier Laquerre, en fier Escamillo. Monsieur Waters nous a offert une direction d'orchestre toute en finesse et en nuance, grâce à des musiciens en très grande forme.

Je déplore cependant, la mise en scène beaucoup trop statique retenue par Louise Marleau. Dès le lever de rideau, pendant qu'un choeur de soldats interprète: « Sur la place, chacun passe, chacun vient, chacun va », des personnages déambulent sur scène sans âme, mécaniquement, tels des zombies. On se retrouve fort loin de l'évocation d'une place publique animée. Et pour la scène du cabaret, au deuxième acte, l'on se met à rêver que tout ce beau monde sur scène nous fasse vivre un peu de cette folie d'Espagne où, à l'image de la chanson de Carmen, "Les tringles des sistres tintaient". Somme toute, un opéra fait plus pour être entendu que vu, ce qui est dommage pour ceux qui se déplacent au théâtre.

Carmen est de nouveau à l'affiche les 16, 18 et 20 mai avec une supplémentaire le 22. Pour sa saison 2006-2007, l'Opéra de Québec mettra à l'affiche La bohème de Puccini et Roméo et Juliette de Gounod.

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