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Yundi Li, un passage remarquable

Une collaboration de Jean-Marc Gaudreau

3 mai 2006 (QIM) – Le Club musical de Québec complétait magistralement sa saison, mardi dernier, avec le passage d'un pianiste virtuose de 24 ans, Yundi Li. Ce jeune prodige, originaire de la République populaire de Chine, se méritait en 2000, à l'âge de 18 ans, le premier prix du concours Chopin de Varsovie, honneur qui n'avait pas été attribué depuis 15 ans. Cette victoire devait le projeter, presque malgré lui, au premier plan de la scène musicale internationale.

À tout seigneur, tout honneur, le récital a débuté avec la "Sonate en Mi mineur", K. 330 de Wolfgang Amadeus Mozart. Nous avons eu droit à une interprétation inspirée propre à bien rendre toute la sensibilité dissimulée derrière le classicisme de cette pièce. Sous les doigts de Yundi Li, cette sonate nous paraissait d'une grande facilité d'interprétation, apparence trompeuse qui est la marque des grands interprètes abordant le répertoire pianistique de Mozart.

Le "Carnaval, op. 9" de Robert Schumann offrait un contraste saisissant, car loin de la retenue propre au classicisme, ces 20 courtes pièces, précédées d'un préambule, sont autant de petites scènes propices aux épanchements et aux effusions. Elles évoquent tout à tour des personnages de la commedia dell'arte, des compositeurs admirés par Schumann, tel Chopin et Paganini, et même des allusions à deux pseudonymes utilisés par le Schumann critique musical, Eusebius et Florestan. Alternant virtuosité et intériorité Yundi Li a fait valoir toute l'étendue de ses talents pianistiques.

La pièce de résistance de la soirée fut sans conteste, la monumentale "Sonate pour piano en Si mineur" de Franz Liszt. Cette oeuvre en un seul mouvement, véritable monolithe de plus de trente minutes, résume à elle seule tout le génie de ce compositeur hongrois de la grande époque romantique. C'est avec force et énergie que Yundi Li a attaqué cette sonate, martelant presque le piano à l'occasion, donnant libre cours non seulement à sa fougue et son impétuosité, mais aussi à sa sensibilité et sa délicatesse. Avec cette prestation, Yundi Li nous aura démontré qu'au-delà de sa très grande maîtrise du clavier, il avait l'étoffe des grands interprètes.

Le public, venu en grand nombre, à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec, a montré toute son appréciation pour ce beau cadeau offert par le Club musical de Québec, en rendant une très belle ovation à ce jeune surdoué. Comme on estime à près de 50 millions, le nombre de jeunes chinois suivant actuellement des leçons de piano en Chine, il ne faudra pas se surprendre qu'au cours des années à venir, nous ayons de plus en plus la chance et le bonheur d'entendre des prodiges originaires de cette région du monde.

Ce concert n'a pas fait l'objet d'un enregistrement pour la radio. Ceux qui n'ont pas eu la chance d'être présent à ce récital pourront toutefois se reprendre avec l'écoute des enregistrements discographiques de Yundi Li, avec la compagnie Deutche Grammophon. Un de ces disques est consacré entièrement à Franz Liszt et comprend, entre autres, sa sonate pour piano.

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