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Her Majesty Petula

Un commentaire de Roger T. Drolet

30 mars 2006 (QIM) – Il y a des femmes qui sont nées pour plaire, pour faire rêver, pour conscientiser, pour régner. Petula Sally Olwen Clark fait partie de cette classe à part et domine depuis 50 ans la scène musicale internationale. Nous avons eu le plaisir de la retrouver, à Montréal, en concert à la salle Maisonneuve de la Place des Arts le samedi 25 mars 2006. Pour les jeunes générations de mélomanes, il peut être utile de rappeler quelques jalons de l'impressionnant parcours de celle qui est aussi mère de trois enfants.

Mi-galloise, mi-britannique, Petula enfant chantait déjà à l'église de Epsom en Angleterre où elle naquit le 15 novembre 1932. Son talent la fit vite passer à la radio (nous sommes durant la Seconde Guerre mondiale) puis au cinéma et à la télévision naissante. On la compara même à une Shirley Temple anglaise. Cette aptitude pour l'art dramatique lui permit d'avoir littéralement une double carrière de musicienne et d'actrice et d'exceller notamment dans plusieurs musicals sur Broadway, Hollywood et Vegas. Sa carrière discographique comme chanteuse débuta en... 1949 et n'a cessé depuis!

Cette somme d'expériences artistiques et scéniques lui confère très jeune le statut de vedette non seulement dans son pays natal mais dans toute l'Europe lorsqu'elle rencontre, lors d'un passage à l'Olympia de Paris, celui qui deviendra son gérant et époux, Claude Woolf à la fin des années cinquante. À partir de ce moment, elle chante aussi en français puis en allemand et en italien. Son joli minois, son accent très coquet et caractéristique, sa voix pure, sa versatilité et son répertoire à la mode lui ouvrent toutes les portes, même celles du Québec où l'étiquette Vogue distribue ses enregistrements dans les années soixante.

Alors que son succès s'étale dans un nombre grandissant de pays, c'est la première invasion britannique mondiale qui, via les Beatles et le Ed Sullivan Show de la télé des États-Unis, lui permet de toucher les Américains puis, le monde. Vous vous rappelez de "Downtown" (Dans le temps)? Dans cette foulée, même le pianiste québécois André Gagnon lui dédie, en 1969, une pièce instrumentale qu'il appelle "Chanson pour Petula"!

Son aptitude à plaire ne se dément pas, même si elle avouait dans les coulisses de l'Olympia en 2004 qu'elle était toujours nerveuse avant d'entrer en scène. On pourrait penser que son style a vieilli et qu'il serait temps qu'elle retraite. Croyez-vous? Elle est actuellement meilleure que jamais et je peux vous en convaincre.

Alors ce spectacle montréalais donc! Un moment magique, rien de moins!! Petula met le public dans sa main dès les premières mesures, entourée d'un orchestre de 9 musiciens bien rodés. Une savante alternance entre quelques récents titres et ses plus anciennes chansons, que tous connaissent, crée un lien extrêmement fort avec son public comme peu d'artistes contemporains peuvent y parvenir. Des titres? Parmi d'autres, "I Know A Place", "À London", "Que fais-tu là Petula"?, "Don't Sleep In The Subway", "Chariot", "Kiss Me Goodbye", "La nuit n'en finit plus" et l'inoubliable "This Is My Song" que nul autre que Charlie Chaplin lui a offert en 1967 pour son film La comtesse de Hong Kong. De "Je me sens bien" (auprès de toi), il ne manquait que le flamboyant guitariste invisible de la version de 1963! Toutes sont interprétées avec la même voix cristalline et sur les mêmes tonalités que dans les sixties auxquelles elle semble très attachée.

Des rencontres professionnelles, Petula en a fait par dizaines et elle en évoque quelques-unes avec tendresse au cours de sa prestation de plus de deux heures: Jacques Brel qui a composé "Un enfant" pour elle lors de la naissance de l'une de ses filles; Gainsbourg ("La gadoue", "O Sheriff") à qui elle consacre d'ailleurs un pot-pourri; Fred Astaire avec qui elle chanta et dansa dans le film de Coppola, Finian's Rainbow, et combien d'autres...

Son aisance sur scène n'a d'ailleurs d'égale que l'élégance et la sensualité avec lesquelles elle chante, raconte, blague avec ces gens qui tous sont suspendus à ses lèvres. Des tenues de scène éblouissantes mais sans artifices et des éclairages sobres bien que somptueux complètent ce moment de grâce offert par cette artiste totalement en contrôle qui nous fait croire que nous sommes les seuls à la voir ainsi. Vous ai-je dit qu'elle glisse sur scène et bouge comme si elle avait 25 ans de moins? C'est en dessous de la vérité, je vous assure.

Comme Paul, Mick, Elton et autres dinosaures du rock et des arts, Petula Clark a aussi été récompensée par son pays. En 1998, elle est en effet nommée Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique par la reine Élisabeth II. Merci chère Petula, d'avoir encore cette fois-ci placé Montréal sur ta route et je me surprends à implorer le ciel que nos vagues successives de chanteuses et chanteurs t'adoptent comme ultime modèle professionnel et personnel. "You're The One", take care!

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