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Le Petit Prince au Grand-Théâtre de Québec jusqu'au 13 juillet 2003 - Saint-Exupéry est revenu à Québec

Un commentaire de Roger Drolet

5 juillet 2003 (QIM) - Multimédia et effets spéciaux sont aujourd'hui partie intégrante des spectacles musicaux; il serait insensé de les mettre de côté. Donner une nouvelle dimension à une oeuvre littéraire aussi réussie que Le Petit Prince de Saint-Exupéry est au contraire un très bon prétexte pour en mettre plein la vue aux spectateurs! D'autant que c'est la première fois que le texte de cet auteur est adapté pour la scène sous une telle forme.

Ceux et celles qui avaient des craintes au sujet d'une surutilisation de la quincaillerie scénique peuvent être rassurés car le travail de Richard Cocciante et d'Élizabeth Anaïs est une réussite qui n'a rien à envier aux comédies musicales récentes qui ont attiré l'attention des médias et du public. Ici toutefois, c'est le message qui prime.

Beaucoup d'entre nous ont lu et relu ce conte fabuleux du pilote et humaniste Saint-Ex, cet auteur mondialement connu qui est venu prononcer des conférences à Québec en 1942, un an avant d'achever son livre fétiche. Cela a même fait dire à plusieurs que le personnage central du récit avait été inspiré par un petit garçon rencontré chez l'universitaire qui avait hébergé l'auteur à cette occasion. Quoi qu'il en soit, le Petit Prince est l'un des ouvrages les plus célèbres à travers le monde parce qu'il porte, de manière poétique, un regard extraordinairement sensible et lucide sur l'univers et la condition humaine.

Plusieurs chanceux ont aussi vu la nouvelle production musico-théâtrale, voilà quelques mois à Paris, mettant notamment en vedette Daniel Lavoie. Toutefois, la sensibilité artistique québécoise, on le sait, est fort différente de celle des Français et certains ont pensé que l'enthousiasme de la critique et du public de l'Hexagone ne se transpose pas au Québec. Mais qu'on se le dise, le voyage au-dessus de l'Atlantique s'est très bien passé!

Au plan visuel, le déploiement technique par lequel nous nous retrouvons dans le désert et sur les nombreuses planètes que visite le jeune voyageur dans son exploration cosmique est un ravissement, pour peu qu'on ait le goût de se laisser emporter par le discours et l'oeuvre. De saisissants effets visuels, des éclairages somptueux, des planètes et leurs occupants qui circulent dans les airs sans heurts se succèdent pour le plus grand ravissement des spectateurs.

En ce qui concerne la musique, évidemment toute neuve, du compositeur de la comédie musicale "Notre-Dame de Paris", le défi consistait à faire en sorte qu'elle ne fasse pas oublier le texte (prédominant) tout en étant prenante et suffisamment typée en fonction des personnages. Grand mélodiste, Cocciante réussit, tout en exigeant beaucoup des interprètes, à tenir le spectateur en haleine et à passer d'un tableau à l'autre sans cassure irritante.

Et comment ne pas rendre aux interprètes leur juste part de ce succès? Au premier plan, le jeune garçon, interprété lors de la première du 27 juin 2003 par Olivier Faubert. Sensible et généreux, le bonhomme de 11 ans sur qui repose véritablement le spectacle entier, bouge, chante et agit très adroitement. S'il faut lui trouver un défaut, on peut dire que le Petit Prince est trop sérieux et qu'une chance qu'il rencontre des personnages un peu loufoques, mais ça, c'est le défaut du livre et non du celui du spectacle qui doit s'en accommoder!

L'aviateur accidenté, personnifié par Michel Rivard, musicien et comédien accompli, est aussi très touchant et il s'acquitte fort bien de la mission du personnage qui se déroule auprès de son avion immobilisé dans le désert lors du passage terrestre de l'enfant. Rivard, avec un mélange de réalisme et naïveté dont il a le secret, sait adroitement guider le prince et cela malgré les malheurs de son propre personnage. Même les notes difficiles de la partition ne réussissent pas à lui faire perdre pied et il laisse habilement le jeune garçon prendre sa place sur la scène et dans le coeur du public.

Les autres personnages semblent tous très bien dans leur peau grâce à la mise en scène de Jean-Louis Martinoty. La Rose, le Serpent, le Businessman ou l'Allumeur de réverbère, parmi d'autres, s'intègrent parfaitement à l'ensemble et ajoutent leurs brins de fantaisie qui font sourire petits et grands. Quant au Renard, cet ami qu'on voudrait tous avoir grâce à son interprète Hugo (qu'on avait vu et entendu dans la version québécoise de Roméo & Juliette), il lui incombe la tâche d'enseigner au Petit Prince comment on apprivoise les choses et les gens. Moment particulièrement émouvant dans le déroulement de la soirée. Nos applaudissements vont aussi au reste de la distribution et à la formidable équipe technique.

Des carences au spectacle? L'absence de musiciens et leur remplacement par un enregistrement ainsi que le prix relativement élevé des places (plus de 80 $ par personne au parterre). Une belle production ramenant ce chef-d'oeuvre intemporel qui fait, à son contact, que les humains au coeur d'enfant deviennent meilleurs. Les représentations au GTQ se poursuivent jusqu'au 13 juillet.

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