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Gélinas, Dor, Harrison, Bécaud: les grands absents en cette fin de saison

21 décembre 2001 (QIM) – L'année qui s'achève ajoute son lot d'idoles à la liste des artisans portés disparus dans la grande fresque musicale du dernier demi-siècle. On ne peut rester indifférent à ces départs d'artistes d'ici ou d'ailleurs qui ont façonné le paysage sonore à plus d'un titre.

Le dernier à nous avoir quitté, Monsieur 100 000 Volts, Gilbert Bécaud a construit son patrimoine des deux côtés de l'Atlantique, s'étant produit tant à Québec qu'à Montréal dès le début de sa carrière et revenant régulièrement en terre québécoise. Dans sa chronique de la vie nocturne à Québec, La petite scène des grandes vedettes, Gérard Thibault rappelle le premier séjour du futur chanteur à Québec en 1951, alors qu'il était pianiste accompagnateur pour Jacques Pills. Il y reviendra souvent au cours des cinq décennies suivantes, contribuant de multiples façons à la carrière de nombreux artistes québécois en plus de semer la joie et ses refrains auprès du public. Au fil des ans, il fut un des premiers à interpréter un texte de Gilles Vigneault "Natashquan" puis il a fait connaître notre as du violon Monsieur Pointu à l'échelle mondiale grâce à sa célèbre "Vente aux enchères", au début des années soixante-dix, avant de cautionner la chanteuse Martine St-Clair le temps d'un duo pour "L'amour est mort" en 1981. Au cours des ans on a pu entendre le jeune pianiste Tony Roman faire ses premiers pas comme chanteur en rendant son "Hommage à Gilbert Bécaud" en 1963. Quelques années plus tard c'est Richard Cazes, lui aussi décédé depuis, qui allait se faire l'ambassadeur de son idole pendant plusieurs années. D'ailleurs, Bécaud inspirera des artistes de toutes nationalités au cours des ans: depuis Jane Morgan "The Day The Rain Came" et les Everly Brothers en passant par Bob Dylan "Let It Be Me", Sonny & Cher, Herb Alpert "What Now My Love" et Neil Diamond avec qui il fera équipe à quelques reprises, pour la composition de plusieurs titres parmi lesquels "September Morn' / C'est en septembre" dont ils feront un succès chacun de leur côté, dans leur langue parentale respective.

Tout a sans doute été dit au sujet de George Harrison et de son groupe. L'influence des Beatles et du guitariste-chanteur a été indéniable pour les artistes du Québec, depuis les nombreux groupes des années yé-yé jusqu'aux interprètes de la chanson et aux ensembles classiques, le plus récent étant le choeur Schola Musica. Une recherche de la revue Rendez-vous 98 en dénombrait près de 300, chiffre qui a sûrement été dépassé depuis. Mentionnons spécialement l'influence que George Harrison a pu avoir sur des musiciens comme Denis Forcier, Marc Hamilton ou Patrick Norman parmi tant d'autres.

Non moins grande, mais à un autre niveau, demeure la contribution d'un auteur comme Georges Dor qui a tiré sa révérence en juillet. Sa "Complainte de la Manic", reportée aux premiers échelons du palmarès par Bruno Pelletier, demeure un fleuron du répertoire québécois mais ne représente qu'un volet de son inspiration. Outre ses succès comme "La boîte à chansons", "Pour la musique" et "J'suis Québécois", Georges Dor a aussi écrit pour la télévision avec la série Les Moineau et les Pinson et s'est par la suite fait pamphlétaire avec ses plus récents ouvrages portant sur la qualité de la langue parlée.

Entre ces deux George(s), un autre auteur-compositeur-interprète qui a marqué particulièrement le milieu des années soixante avec ses hymnes à l'Expo 67, Marc Gélinas a lui aussi fait sa valise. Une des premières révélations de la télévision, au cours de la décennie cinquante, il a partagé son parcours entre le jeu et la chanson. Ses succès, depuis "Aide-toi et le ciel t'aidera" et "Tu te souviendras de moi" jusqu'à "La Ronde" et "Mommy Daddy" ont ponctué la carrière de ce remarquable acteur qui ne se sentait pas vraiment à l'aise avec les aléas du vedettariat.

Plus tôt en début d'année, ils étaient précédés du Fou Chantant, doyen de la chanson francophone moderne. Charles Trenet fut en effet un des premiers auteurs à faire swinger les mots français « à l'américaine » dès les années 30, par-delà "La mer" et ses golfes clairs, lui dont les chansons et la mémoire courront encore les rues « ...longtemps après que le poète aura disparu... » portées par les voix de nombreux artistes qui l'ont interprété ou lui ont donné de fréquents coups de chapeau, tels Plume Latraverse et Sylvain Lelièvre. Il ne faudrait pas oublier non plus ces autres figures emblématiques que furent Chet Atkins, un des premiers maîtres de guitare de George Harrison, Jeanne-D'Arc Charlebois, une autre infatigable ambassadrice de la chanson du Québec, le bluesman John Lee Hooker ou Joey Ramone un de ceux qui ont sonné le réveil du rock « basique » à la fin des années soixante-dix. À eux et à tous les autres qui les ont précédés, Québec Info Musique espère offrir un moyen que se perpétue le souvenir de leur visage et de leur oeuvre.

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