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Diane Dufresne 1999

« Dans la vie, je ne suis pas une star! »

8 juillet 1999 (QIM) – NDLR: La Diva revient. En l'espace de quelques semaines, au printemps dernier, on la retrouve au petit écran interprétant la chanson-thème de la télésérie Juliette Pomerleau, sur scène à Québec, puis de nouveau à la télé montréalaise en entrevue (wow, ça c'est rare!) et puis au Tapis Rouge de Drucker sur le Québec. Quelques heures plus tard, elle chante au spectacle de la Fête nationale à Montréal et on annonce sa participation à la prochaine édition des Francofolies qui se tiennent dans la métropole québécoise du 30 juillet au 7 août. Elle est de retour donc, mais ce n'est plus la Diane qu'on adorait... elle est encore plus attirante. QIM vous propose ce texte portant essentiellement sur son séjour dans la Capitale du Québec.

* * * *

Fin avril 1999, Diane Dufresne reçoit la presse à Québec. Pourtant, elle déteste cela, enfin c'est ce qu'elle affirme. Depuis déjà longtemps, celle qu'on a appelée la Diva du Québec a maille à partir avec les représentants des médias en raison d'on ne sait plus trop quelle critique. La scène se déroule au Théâtre Petit Champlain, le plus ancien d'Amérique du Nord. Diane s'y est installée pour deux semaines avec armes et bagages puisque les marchands du quartier (très pittoresque en contrebas du Château Frontenac, formé de superbes petites boutiques) ont saupoudré dans leurs vitrines des reliquats, soit des costumes et anciennes affiches de la carrière de la chanteuse – « comme si j'étais déjà morte » dira-t-elle – qui compte maintenant trois décennies.

Pour la rencontre avec les médias, on a aménagé la petite scène de façon à ce que tous y soient installés, l'artiste d'un côté, les fauves de l'autre. Diane est sur ses gardes quand elle fait son entrée et s'assoie sur un fauteuil côté cour. Elle est flanquée d'une petite table garnie de roses rouges, de son singe noir en peluche et... des micros des journalistes. Ceux-ci sont d'ailleurs déjà installés, côté jardin, un peu comme s'ils étaient attablés à un café, regardant toutefois tous dans la même direction, celle de la star! Authentique, oui. Mais il est tout de même difficile de savoir si elle dit la vérité...

Première partie: bribes d'entrevue en vrac

Pourquoi ce spectacle s'appelle-t-il Merci?
Je voulais dire simplement Merci au public québécois pour faire suite à la série de spectacles français.

Que se passe-t-il dans votre carrière?
J'ai arrêté de faire du showbusiness. Et s'il n'y a pas de monde, ce n'est pas important. L'époque des costumes, de la diva, c'est qu'il fallait y aller. J'avais 20 ans... Quant au spectacle du Stade Olympique de Montréal (très controversé au Québec), il fallait que quelqu'un y aille. Mais dans la vie, je ne suis pas une star, je m'enferme plutôt chez moi.

Vous avez toujours des relations un peu tendues avec la presse?
Cela a toujours l'air d'un affrontement, mais ça n'en est pas un. En France, les journalistes ont du respect pour le cheminement d'un artiste; mais au Québec, ils sont durs! Je trouve que le métier a changé. Moi, je ne vends plus de disques. J'accepte de vieillir à l'heure où on n'en a plus le droit. On devrait naître vieux puis rajeunir. Je continue à être délinquante... à ma façon.

Mis à part les concerts, qu'avez-vous le goût de faire ces temps-ci?
Si je voulais chanter toujours, ce serait dramatique. Non, je voudrais écrire, peindre. Mais heureusement que je peux toujours donner des shows pour gagner ma vie... Je voyage, je vais donner des séries de spectacles en Europe.

Quels artistes québécois écoutez-vous actuellement?
Luce Dufault, Kevin Parent, les Colocs, Dubmatique, Isabelle Boulay...

Ce spectacle, de quoi est-il composé?
Le contenu est le même que celui présenté au Musée d'art contemporain à Montréal puis aux Bouffes-Parisiens en 1998 (il s'intitulait alors Réservé). Je n'ai pas de musiciens avec moi sur scène, les bandes utilisées ont été faites pour le show. J'ai quelques accessoires. Il me reste à écrire les présentations. J'attends à la dernière minute pour m'imbiber de l'atmosphère de Québec.

Faites-vous quelque chose de spécial pour vous mettre en condition avant des spectacles?
Non, je n'entretiens pas ma voix, je fume. Bien sûr quelques semaines avant les représentations, je répète beaucoup.

La politique vous intéresse-t-elle toujours?
Ma politique, c'est la planète. Avec tout ce qui se passe, j'essaie de m'impliquer. Je suis encore engagée, je suis fière d'être québécoise.

Et après cette série de concerts?
Y a ce gros spectacle à Paris en juin pour la Fête de la musique. Puis, la maison Coscient qui produira un document vidéo de type anthologie qui devrait sortir en l'an 2000.

Environ une heure plus tard, l'entretien collectif prenait fin et les fauves n'avaient pas dévoré la dame! Bien au contraire, les comptes-rendus des médias furent unanimes et les critiques du spectacle, dans la veine de celle qui suit.

Deuxième partie: segments d'offrande diaphane

On s'attend à tout bien sûr avec madame Dufresne. Celle qui a laissé des traces indélébiles sur la manière de faire de la scène peut amener ses fans où elle veut. Elle s'est faite rare depuis quelques années et ses disques récents n'obtiennent plus beaucoup de diffusion parce qu'ils ne correspondent plus au sacro-saint format. Qu'à cela ne tienne, elle réapparaît comme un seul homme sur la minuscule scène d'un petit théâtre de 250 places qu'elle remplit une dizaine de fois d'affilée. C'eût été plus simple et plus rentable de faire une ou deux soirées dans une grande salle! Mais non, après avoir fait de vastes stades et arénas, Dufresne préfère aujourd'hui sentir son public à ses pieds, à ses lèvres. Elle a raison et c'est certainement tout à l'honneur d'une grande artiste.

Ainsi donc, un décor dépouillé qui s'avérera pourtant fort efficace tout au long de la représentation, Diane se présente et elle remplit immédiatement tout l'espace. Merci, la chanson, ouvre le bal. « Bonsoir, dit la chanteuse, 80 shows sans dire bonsoir c'est beaucoup. C'est vrai que je rêvais de l'intérieur de ma boîte de carton... » Comme pour s'excuser de n'avoir pas été assez présente ces dernières années, comme pour nous faire une grande étreinte, comme elle nous en a donné l'habitude.

Solennelle et bien en voix, Diane enchaîne sans entracte presqu'une vingtaine de pièces dont plusieurs portent un regard assez noir et pessimiste sur l'existence:

Quand la solitude aura tout conclu
Qu'il rest'ra que moi pour me prendre dans mes bras
Au creux de mon lit, bordée de désarroi
Rongée d'insomnie encore une fois
("Pour qu'il n'y ait plus de romantisme...")

À l'occasion, elle en rit (jaune) elle-même, ce qui permet au public de sourire aussi. Comme dans cette chanson de Jonasz que la chanteuse accompagne d'une bande vidéo composée d'une séquence de photos où on la voit rajeunir jusqu'à l'enfance:

J'vieillis, j'ai le derrière qui grossit
J'ai ma route qui rétrécit
Et ça m'rend, j'vous dit, l'âme amère
("J'viellis")

L'accompagnement musical est toujours sobre et dépourvu de percussions (sauf pour "L'homme à puce" et "L'enfant de la lumière"). Le piano, la guitare classique et le violoncelle dominent et créent, avec la voix de Diane, une ambiance s'apparentant à la dentelle. Les musiques elles-mêmes sont très réussies voire grandioses ("Que", "Pour qu'il n'y ait plus de romantisme", "Les fantômes de l'amour") et sont signées Marie Bernard, Alexis Wissenberg et autres talentueux compositeurs.

Et puis, de temps à autre, comme pour vérifier si nos corps sont encore dans la salle, l'interprète laisse échapper:

Inspirée de silence, je ne chanterai plus
Personne ne m'entendra si j'en fais ma loi
Aussi loin que possible sur une île inconnue
Mes larmes deviendront de la neige fondue
("Pour qu'il n'y ait plus de romantisme...")

Pour le dernier tiers de la prestation, la chanteuse désamorce l'atmosphère en lançant: « Maintenant, la tragédienne va vous lâcher lousse... » et défile quelques titres plus légers ("I love you Soho", "Reste"). Puis, en précisant qu'elle n'est nullement devenue une intellectuelle, on apprend qu'elle fut tout de même très impressionnée par la théorie du chaos. Avant d'amorcer la très belle chanson "Les papillons", Diane glisse « qu'un simple battement d'aile peut changer la face du monde ».

Avec une mise en scène très épidermique où les éclairages, la vidéo et (bien oui) quelques costumes sont parfaitement intégrés à ce Merci, il est tout à fait de mise de lancer deux invitations: d'abord, inciter non seulement chaque fan de madame Dufresne mais tous les amants de la chanson à se précipiter pour entendre et voir ce spectacle magnifique. Ensuite, souhaiter que Diane se laisse convaincre à le monter encore et encore... le temps passe si vite! Ne sois pas amère Diane, tu es plus belle et plus talentueuse que jamais.

N.B. De nouvelles supplémentaires sont annoncées pour la mi-octobre (14 au 16) dans ce même lieu du Théâtre Petit Champlain à Québec. CD: "Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous" (Amérilys AMC-1112). Site web: Diane Dufresne

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