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Critique - Michel Rivard en rappel à Montréal: Méfiez-vous du Grand bonheur!

17 juin 1999 (QIM) – Il est omniprésent sur la scène musicale québécoise depuis le début des années soixante-dix et pourtant, on ne s'en lasse pas. Il a fait partie du groupe de chanteurs-musiciens le plus populaire de l'époque contemporaine - Beau Dommage -, il a créé des personnages et en a interprété d'autres au théâtre et au cinéma, il a fait rire la tablée autant comme monologuiste que comme animateur de galas. Depuis une vingtaine d'années, il revient périodiquement avec de nouvelles chansons qu'on croit souvent connaître depuis toujours tellement elles sont pertinentes et prenantes. Michel Rivard est un géant de la culture populaire.

On ne le remarque jamais pour ses excès: il n'en fait pas! Son parcours professionnel est sans faille et sa vie personnelle bien protégée; on en connaît si peu de choses: sa conjointe est une journaliste connue et il a trois rejetons; Michel est très peu porté sur le potin! Ce qu'on sait de lui c'est qu'il est heureux, assez en tout cas pour crier des noms au bonheur: "Maudit bonheur", clame-t-il sur son album de l'an dernier qui est devenu (comme les précédents) une référence et un succès populaire remarquable. Cet album ou plutôt ce titre, c'est un peu un clin d'oeil à Félix Leclerc qui, comme l'a fait remarquer Rivard en entrevue, avait déjà salué "Le petit bonheur".

Mais Félix n'est pas la seule inspiration de celui qui pourrait revendiquer le trône du Patriarche Leclerc. À 47 ans, Michel est assez âgé pour avoir connu « la belle chanson française » et s'être frotté aux multiples courants jazz, rock ou country qui ont balayé la planète depuis trente-cinq ans. Son métissage musical, c'est depuis longtemps une réussite consacrée car on peut pratiquement remonter aux premiers jours de Beau Dommage pour le retracer. On n'a qu'à écouter "Chinatown" ou "Motel Mon repos" des deux premiers disques du groupe et on repère le même guitariste chanteur qui trouve toujours le mot juste pour émouvoir. Car Michel est aussi un conteur qui s'abreuve à de nombreuses fontaines. Invité à une émission littéraire à la télé québécoise voilà deux ans, il avait avoué un attachement particulier pour L'Oratorio de Noël du suédois Göran Tunström. Mais sur l'heure, je veux vous donner un aperçu, en très accéléré, du déroulement de son récent tour de chant ayant eu lieu récemment dans une belle salle montréalaise appelée l'Olympia.

Une supplémentaire très attendue

C'était le samedi 8 mai, et j'eus le bonheur de me trouver en unité de temps et de lieu avec Michel Rivard et ses musiciens pour la conclusion, en quelque sorte, de cette tournée provinciale qui s'étire depuis plusieurs mois. J'ai employé le mot bonheur à escient car c'est bien de cela qu'il s'agit: un voyage dans une bille de verre hors du temps mais pourtant si bien incarnée dans le décor spatio-temporel de ce Québec qui vient de retrouver le printemps mais qui changera de millénaire, lui aussi quoiqu'il advienne, dans deux cents trente quelques jours.

« Maudit bonheur
qu'est-ce qu'elle t'a dit?
si elle me cherche
je suis ici 
»

Le plus simplement du monde, le show débute sur ces notes enjouées. Sans intro, sans rideau le chanteur, toujours relax et en parfait contrôle, effectue une présentation volontairement gauche et simule une discorde avec ses musiciens. « J'ai un cadeau pour vous, dit-il au public: j'ai rejoint les meilleurs musiciens en ville... mais ils n'étaient pas libres... Ils ont accepté de se libérer... pour le show de la semaine prochaine » (rires et applaudissements), alors qu'on saisit d'instinct qu'un plaisir palpable circule parmi la bande qui enchaîne avec La lune d'automne!

Entouré de ses cinq instrumentistes, l'auteur de la "La complainte du phoque en Alaska" défilera vingt et une chansons tirées pour une bonne part de son récent disque parmi lesquelles "Pleurer pour rien", "La maison froide", "Toujours là pour elles" et "Ta robe rouge". La mise en scène est très sobre, les acolytes restent bien à leur place respective et le décor se résume à quelques éclairages dont Michel se moque en faisant allusion à quelques reprises au gros budget dont il dispose. On comprend vite que l'artiste tourne en dérision les effets scéniques tonitruants que transportent allègrement certaines vedettes internationales.

En première partie, le chanteur cédera la place au comédien ou plutôt au monologuiste qui racontera certaines anecdotes familiales, ironisant sur les fonctions de chacun des membres. On voit même apparaître un personnage que les habitués de Rivard connaissent bien: Drobny Orobné, un immigrant venu de l'Est vivant maintenant au Cana-Québec et qui tente de s'habituer aux moeurs de son nouveau pays et partage ses états d'âme avec le public en roulant ses r, en cherchant ses mots... et en les déformant! Grand partisan d'un théâtre d'improvisation dont le modèle québécois s'est propagé sur plusieurs continents il y a un peu plus d'une décennie, Michel Rivard n'a aucune difficulté à dérider son public qui en redemande.

Deuxième acte

Au retour de l'entracte, Michel offre deux duos. Le premier, il le propose avec un musicien belge qu'il présente comme « une très belle rencontre amicale et professionnelle », le violoniste-accordéoniste Francis Covan, avec qui il interprète "Le goût de l'eau" extraite de ce qu'il identifie en riant son vaste répertoire. Par la suite, c'est Mario Légaré, fidèle comparse et ancien membre du groupe rock Octobre, qui donne la réplique à la voix de Rivard sur une burlesque adaptation française de "Twisted", un classique du répertoire jazz des années cinquante: très convainquant!

Une chanson plus politique intitulée "Schefferville", une seule référence au répertoire de Beau Dommage avec "Tout simplement jaloux" et les deux pièces les plus rock de la soirée "Toute personnelle fin du monde" et "Les dinosaures?" ont également meublé la seconde partie du concert sans oublier deux de ses belles réussites: "Le coeur de ma vie" (portant sur la langue française) et "Je voudrais voir la mer".

Si on voit de temps à autre Michel Rivard sur les scènes d'Europe, sa notoriété y est malheureusement bien inférieure à ce que son talent lui permettrait et il n'est pas vain de se rappeler que les vacanciers de passage au Québec cet été pourront peut-être célébrer avec lui vingt-cinq ans de succès alors que les FrancoFolies de Montréal feront la Fête à Rivard le jeudi 5 août à la Place des Arts. À cette occasion, plusieurs artistes, dont Zachary Richard et Angèle Dubeau la violoniste, lui offriront des cadeaux en chansons. Je vous souhaite de pouvoir y être!

P.S. Rivard est aussi de l'ouverture du 32e Festival d'Été de Québec. On pourra le voir le 8 juillet, 21 h 30 sur une des scènes extérieures du Vieux-Québec.

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