Willie
Lamothe

 Willie Lamothe

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Parcours

Notes biographiques
Nom véritable William Joachim Lamothe 
Aussi connu sous Willie Lamothe, Hubert Lacroix  
Naissance 1920-1992   
Carrière professionnelle 1946-1982   

Celui qui se décrivait lui-même comme un cowboy fantaisiste demeurera une figure marquante du paysage musical de l'après-guerre, tant au Québec que chez les francophones de tout l'est du continent nord-américain. Déjà sensible à l'attrait de la musique que jouait son père, violoneux à ses heures, il se fait d'abord connaître comme instructeur de danse à la fin des années trente, dans la région de Saint-Hyacinthe. S'étant procuré une guitare, il profite de son passage sous les drapeaux au cours de la seconde guerre mondiale pour donner des spectacles dans la veine du célèbre Soldat Lebrun, sous le nom du Sergent chantant.

À la fin du conflit, il retourne à la vie civile et se déniche un travail en usine qu'il occupe pendant une brève période, tout en continuant de chanter à chaque fois que l'occasion s'en présente, les jours de congé et les fins de semaine. Invité à une soirée que donne le violoniste et marchand d'instrument de musique Victor Martin, Willie impressionne son hôte qui le présente à Hugues Joseph, directeur artistique chez RCA Victor. Celui-ci lui donne l'occasion d'enregistrer ses premiers 78 tours et le guitariste-chanteur ne tarde pas à connaître l'adulation des foules. Les chansons "Je suis un cowboy canadien", "Je chante à cheval" et "Giddy Up Sam" deviennent des succès fort populaires et lui ouvrent les portes du métier. Dès 1947, il quitte son emploi chez Goodyear et entreprend ses premières tournées. Il se joint finalement à la troupe du réputé Jean Grimaldi et laisse libre cours à son sens de la comédie, partageant la scène avec les spécialistes du vaudeville que sont Olivier Guimond ou Manda Parent autant qu'avec les vedettes de la chanson du moment. Ces tournées le font connaître à la grandeur du Québec et dans les régions francophones des Maritimes et de la Nouvelle-Angleterre.

En 1948, pour marquer la naissance de son fils Michel, il lui dédie la chanson "Allo, allo petit Michel" qui devient un de ses plus grands succès. La même année, il se produit régulièrement à la station CJSO, à Sorel. À partir de ce moment, les médias électroniques prennent une importance primordiale dans sa carrière. Durant toute la décennie qui suit, il anime l'émission hebdomadaire Willie Lamothe et ses Cavaliers des Plaines sur les ondes de la station montréalaise CKVL, émission transmise en direct du Café Saint-Jacques. On retrouve d'ailleurs, sur la plupart de ses enregistrements des années cinquante, le nom du groupe accolé à celui du chanteur. Si les membres des Cavaliers des Plaines peuvent varier, plusieurs deviennent des collaborateurs fidèles: les frères Hachey, le violoniste Fernand Thibault et la chanteuse Rita Germain avec qui il forme un duo jusqu'au début des années soixante.

La présence régulière sur les ondes de la radio, puis bientôt de la télévision, contribue à accroître encore sa renommée. De nouveaux succès viennent enrichir son répertoire à raison de quatre à six 78 tours par année. Parmi les nouveaux succès, on remarque particulièrement "Dans mon beau pays" qui deviendra le thème de sa propre émission télévisée, près d'une vingtaine d'années plus tard, et "Je suis un cowboy fantaisiste". Cette notoriété accrue lui donne l'occasion de se produire sur les scènes des boîtes les plus chic, comme le Faisan Doré où il côtoie les Muriel Millard, Jacques Normand, Aglaé, Charles Trenet, etc. Parmi toutes ces rencontres, un vieux rêve se concrétise pour le jeune chanteur lorsqu'il assume la première partie du grand Gene Autry, au Forum de Montréal, en 1952 et 1954. Bien que ses chansons, dont une majorité sont de sa propre composition, fassent régulièrement référence à l'univers des prairies de l'ouest du continent, de nombreux titres comme "Au Lac-Saint-Jean", "L'église de mon village", "Mon passage en Gaspésie", "À cheval dans Montréal" et plusieurs autres dénotent un profond attachement à son beau pays et au public qui s'y retrouve.

L'irruption du rock'n roll sur la scène musicale, dans la deuxième partie des années cinquante, inspire plusieurs refrains, souvent ironiques, à notre vedette du western canadien. "Rock'n roll à cheval" et "Rock, cowboy, rock" misent évidemment sur son image de marque tandis que "Ce qui compte c'est le rock'n roll" et "Y a pas de cowboys à la TV" constituent, sous leurs dehors fantaisistes, des prises de position éditoriales. Willie s'y porte en effet à la défense de la musique qu'il chérit, le country & western, face au nouvel engouement populaire d'un côté et à la prépondérance du classique d'autre part. Est-ce un hasard si leurs mélodies sont empruntées au répertoire traditionnel ("Le reel Sainte-Anne" et "La chanson du Klondyke" respectivement)?

Sur le plan esthétique, les deux premiers microsillons longue-durée chez London marquent un des sommets de la cohabitation du country québécois et du rock'n roll naissant, un style que certains historiens de la musique québécoise n'hésitent pas à qualifier de rockawilly! Cette incursion dans les nouveaux rythmes correspond au passage de l'artiste à la maison de disques London, une période fort prolifique pour Willie qui s'implique de plus en plus dans la production de ses enregistrements. C'est ainsi qu'il propose coup sur coup un album soulignant son "15e anniversaire" de vie artistique en 1961 et une relecture de plusieurs succès "Chansons d'hier et d'aujourd'hui" l'année suivante. Les nouvelles chansons de Willie Lamothe ont un impact qui rappelle ses tout débuts sur disque. "Embarque, on ira pas vite", "Pourquoi m'as-tu délaissé" (un autre rock'n roll), "J'ai usé mes souliers" ou "L'ère atomique" s'ajoutent aux classiques du Willie fantaisiste tandis que "Ma Mimi", "J'ai les bleus quand il pleut" ou "J'ai perdu ton amour par ma faute" laissent place à son côté charmeur.

Le catalogue London, Série française, connaît une croissance rapide marquée par les succès de Willie Lamothe mais aussi par ceux de son ancien collègue chez RCA/Bluebird Paul Brunelle; un peu plus tard c'est Marcel Martel, un autre pionnier de la chanson western, qui passe de l'étiquette Starr/Apex à London. Cette compagnie devient donc, pour toute la durée des années soixante et une bonne partie de la décennie suivante, le château-fort de ces trois grands noms du country québécois. Plusieurs autres vedettes les y rejoindront comme Lévis Bouliane, Ti-Blanc Richard ou Larry Robichaud. Willie en vient bientôt à produire certains disques de ses camarades et, soit par coquetterie ou par humilité, il lui arrive au moins une fois de se produire lui-même sous un nom d'emprunt. Tel est le cas de l'album instrumental où il joue une douzaine d'airs traditionnels à l'harmonica, sous le pseudonyme de Hubert Lacroix, le champion de la musique à bouche. Doué d'un sens inné des affaires, il lance bientôt sa propre maison d'édition musicale, les Éditions Mascoutaines, ainsi que les Productions W. Lamothe.

Les années soixante marquent une période de répit pour certains secteurs de la musique populaire, pressés par les nouveaux courants musicaux destinés à la jeunesse, que ce soit le twist, le yé-yé et les autres courants musicaux en vogue, à partir de 1962. Pour sa part, Willie continue de parcourir les villes et villages où son public lui demeure fidèle, tandis que son propre fils, Michel Lamothe se joint aux hordes de la nouvelle vague, au sein des Pénitents, des Sphynx et finalement des Gants Blancs. Ces années fournissent une occasion en or à son ancienne compagnie de disques RCA Victor de ressortir ses premières chansons sous format 33 tours. L'artiste-homme d'affaire en profite pour livrer des enregistrements plus récents de ces même succès dans la collection Le Disque d'or de London. En 1967, il retrouve son ancien guitariste des années cinquante, Bobby Hachey et forme avec lui un tandem indéfectible. Les deux hommes ont l'occasion, cette année-là, de se rendre au Grand Ole Opry à Nashville où Willie chante quelques chanson en français.

1970 est une année fort occupée et très prolifique pour le cowboy chantant. Engagé pour la promotion estivale Opération vacances de CJMS et du nouveau réseau Radio-Mutuel, il en fait un énorme succès et est appelé à répéter l'expérience pour les trois prochaines années. Au mois de septembre, c'est le réseau de Télé-Métropole (futur TVA) qui amorce le rendez-vous hebdomadaire Le Ranch à Willie. La populaire émission se voit décerner le titre de meilleure émission de variétés au Gala des artistes et garde l'antenne jusqu'en 1976. Outre les artistes connus du country québécois, Willie y accueille chaque fois un artiste du domaine de la variété populaire et garde une place de choix à son ami Doris Lussier, le Père Gédéon, qui lui donne la réplique à brûle-pourpoint. L'ONF tourne également un film documentaire où Willie raconte l'évolution de sa carrière, intitulé Je chante à cheval. Outre les souvenirs personnels de sa carrière, le film permet de voir oeuvrer son fils, le temps d'une séquence de répétition avec ses copains qui sont en train de se métamorphoser en Offenbach.

La rencontre d'un autre cinéaste, Gilles Carle donne à Willie un élan qui lui vaudra de nouveaux triomphes. Chacune de ses apparitions au grand écran devient un gage de succès pour le comédien-né qu'il est. Outre les films de Gilles Carle, La vraie nature de Bernadette et La mort d'un bûcheron, Willie tient des rôles plus légers dans Bingo de Jean-Claude Lord, Y'a toujours moyen de moyenner de Denis Héroux et Le lit de Jacques Lem, ce dernier tourné en France. Sur le plan musical, toutefois, c'est avec Mustang de Marcel Lefebvre que l'on retrouve le film qui lui convient parfaitement. Habile mélange de comédie, d'intrigue et de tension dramatique, Mustang se déroule dans un contexte contemporain tout en conservant suffisamment de références à la culture country locale pour coller à la peau du personnage d'un Willie plus vrai que nature. Outre les comédiens Albert Millaire, Marcel Sabourin, Claude Blanchard et Luce Guilbeault, Willie y côtoie les chanteuses-comédiennes Muriel Millard et Nanette Workman sans oublier son compère Bobby Hachey. Un dernier film avec Gilles Carle, L'ge de la machine ne connaîtra pas le même impact, un grave problème cardiaque empêchant son héros d'en faire la promotion.

Cet incident n'était pas le premier à affecter le chanteur et comédien, ayant été précédé d'une crise importante quatre ans plus tôt. Il s'était toutefois suffisamment rétabli pour se rendre en Louisiane le printemps suivant. À la demande du Ministère québécois des affaires culturelles et du Conseil pour le développement du français en Louisiane ou Counsil for the Development of French Louisiana (CODOFIL), Willie, Bobby et le duo Jerry et Jo' Anne y avaient effectué une tournée triomphale dont le point culminant allait s'avérer leur escale à Lafayette, au Blackham Coliseum devant un auditoire de 10 000 personnes. La même année paraît sa biographie Willie Lamothe, trente ans de show-business, rédigée par Diane Le Serge. Un titre semblable marque son prochain album, enregistré lors d'un séjour chez nos voisins du sud, en 1976, "30 ans et puis Nashville". Malgré son état de santé précaire, Willie continuera de se présenter sur scène pour de brèves participations, jusqu'au milieu des années quatre-vingt. En 1983, il grave son dernier album "Je reviens", réédité en DC sous le titre "Willie reviendra" au début de la décennie suivante.

Alors même qu'il était retenu hors du circuit musical, plusieurs artistes ont rendu leur hommage à l'homme dans leurs chansons, les plus évidentes étant "Willie m'a dit" écrite par son fils Michel et Pierre Harel, qu'interprétait Stephen Faulkner, "J'écoutais Willie" de Denis Champoux et "Mon vieux copain" de Patrick Norman. À l'automne 2000, Michel Lamothe produit une compilation de chansons de son père et interprète lui-même une quinzaine de pièces de son répertoire sur l'album double "Willie Lamothe et fils". La diffusion de la série télévisée retraçant la carrière et la vie de Willie Lamothe permet de constater l'attrait et l'influence que le chanteur exerce encore sur une large part des Québécois et même hors des frontières du Québec, une décennie après sa mort et plus de vingt ans après son retrait de la vie active. Une sélection de ses chansons a récemment fait l'objet d'un album de la "Collection Québec Info Musique", sur étiquette Experience.

Source

Ce texte biographique a été rédigé par Robert Thérien, chercheur et spécialiste de la chanson québécoise pour le compte des Disques Expérience (une division de XXI-21 Productions inc.) et actualisé par l'équipe de Québec Info Musique.

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