Rose
Ouellette

 Rose Ouellette

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Parcours

Notes biographiques
Nom véritable Rose-Alma Ouellette 
Aussi connue sous Rose Ouellette, Casserole, La Poune  
Naissance 1903-1996   
Carrière professionnelle 1919-1993   

Rose Ouellette entreprend en 1919 une carrière de vaudeville qui s'étendra sur plus de 70 ans. Elle quitte l'école dès l'adolescence et travaille dans une usine de chaussures. Attirée par la scène, elle gagne quelques concours d'amateurs dans plusieurs théâtres de Montréal. Après avoir tenté quelques rôles sérieux au Ouimet-O-Scope et à la Lune rousse, Rose Ouellette est engagée par le comédien et chanteur Paul Hébert pour jouer au King-Edwards des rôles de vaudeville de plus en plus importants. Utilisant d'abord Casserole comme nom de scène, Rose Ouellette devient La Poune à la suggestion de son partenaire Olivier Guimond (père). Ce duo connaît d'énormes succès dans La Grande Revue, aussi bien à Montréal qu'à Québec et Ottawa.

En 1928, Rose Ouellette devient directrice du Théâtre Cartier à Saint-Henri et forme une troupe de vaudeville comprenant Juliette Pétrie qui deviendra sa comparse pendant plusieurs décennies. À partir de 1930, La Poune enregistre une série de sketches et de chansons comiques sur étiquette His Master's Voice, dont plusieurs avec Paul Hébert, dans les rôles de Polion et Maria, et quelques autres avec Aurèle Dumont et Théo Brulotte. Après huit années au Cartier, Rose Ouellette devient, en 1936, directrice du Théâtre National qu'elle avait dirigé durant un été, deux ans plus tôt. Elle y devient une célébrité nationale et connaît d'immenses succès. Pendant plus d'une décennie, la foule se presse tous les soirs aux portes du National pour entendre La Poune entonner sa chanson-thème "C'est d'la faute à poupa" et présenter, dans des numéros de comédie et de chant, de nouvelles vedettes dont Alys Robi qui y fait ses débuts.

Dans les années d'après-guerre, la fantaisiste enregistre à nouveau une série de chansons comiques sur des timbres ou airs connus. "La Poune au paradis" (sur l'air de "Jonas dans la baleine") et "Avec un peu d'sauce" (sur l'air de "Hi han la lirette") demeurent des classiques de la chanson de vaudeville, tout comme "Faut qu'ça grouille" (sur l'air de "La Bastringue") et "L'opération de la Poune" (sur l'air de "Gai lon la, gai le rosier"), un peu plus tard. Une première compilation de ces enregistrements, à l'origine chez Starr, paraît sur étiquette Carnaval au début des années 60.

Devant la concurrence de la télévision, Rose Ouellette quitte son poste en 1953 pour se joindre à la troupe de Jean Grimaldi avec qui elle effectuera, durant quelques saisons, des tournées dans tout le Québec. Puis vers 1958, Rose Ouellette débute une carrière au cabaret qui durera plus de vingt ans, pendant lesquelles elle donnera la réplique à Juliette Pétry, Gerry Morelle, Simone Mercier, Gaston Boileau et Louis Armel (1971-1980). Longtemps snobée par le petit écran, elle fait ses débuts à la télévision dans Les Deux valses, une pièce d'André Laurendeau, présentée par la SRC en 1960. Puis on la retrouve, l'année suivante, dans la série humoristique Télé-surprise sur les ondes de CFTM. Plus tard, elle tient des rôles épisodiques dans les téléromans Rue des pignons (SRC, 1966-1977), Chère Isabelle (TVA, 1976-1977), Les Brillant (TVA, 1979-1982) et Les Moineaux et les Pinsons (TVA, 1982-1985).

Au théâtre, Rose Ouellette a joué, en 1974, dans Un jour, ce sera ton tour de Serge Sirois au TNM et, au théâtre d'été, avec Réjean Lefrançois dans Boeing Boeing au Théâtre de l'île Charron, en 1981. Au cinéma, elle a tenu des rôles dans Coeur de maman (1953) de René Delacroix, L'apparition (1972) de Roger Cardinal et Les aventures d'une jeune veuve (1974) de Roger Fournier. Sur disque, hormis quelques apparitions ponctuelles sur des enregistrements du temps des Fêtes, elle grave en 1980 son unique 45 tours "Je n'aurai plus jamais vingt ans". À la fin de cette même décennie, à l'âge de 85 ans, on la retrouve en vedette sur le microsillon "Swingnez vot' compagnie" pastichant la pochette de l'album de Noël de Bing Crosby. La Poune y interprète quelques titres de saison, commente un "Pot-pourri de Charleston" et livre le touchant texte "J'aime mon public" sur ce qui sera son ultime salut musical.

N'ayant véritablement pris sa retraite qu'à l'âge de 90 ans, Rose Ouellette a effectué une tournée québécoise en 1991 avec le chanteur Roger Sylvain et a été la vedette de quelques réclames publicitaires à la même époque.

Le journaliste Philippe Laframboise a colligé des propos biographiques dans La Poune (Éditions Héritage, 1978). Madame Ouellette a publié Vous faire rire, c'est ma vie (1983). Elle a écrit Comment atteindre le bel âge en grande forme (1985). En 1985, Rose Ouellete a reçu la Rose d'or, un prix décerné par le vote populaire, et, en 1990, l'Ordre national du Québec. En mars 1998, la SRC a présenté un documentaire portant le titre: Le siècle de Rose Ouellette.

Ses chansons les plus connues ont récemment fait l'objet d'un album de la "Collection Québec Info Musique", sur étiquette Experience.

Source

Ce texte biographique a été rédigé par Robert Thérien, chercheur et spécialiste de la chanson québécoise pour le compte des Disques Expérience (une division de XXI-21 Productions inc.) et actualisé par l'équipe de Québec Info Musique.

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