Jean-Pierre
Ferland

 Jean-Pierre Ferland

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Parcours

Notes biographiques
Nom véritable Jean-Pierre Ferland 
Aussi connu sous J.P. prononcé Djay Pi  
Naissance 1934   
Carrière professionnelle Depuis 1959   

C'est un honneur réservé à peu de créateurs de voir une partie de leur oeuvre portée à la scène par des artistes qui ont l'âge d'être leurs enfants ou petits-enfants. Cette chance est venue à deux reprises en peu de temps au jeune retraité de 77 ans qu'est J.P. On a d'abord présenté avec sa participation, le temps de quelques rechutes, l'intégrale de son album essentiel "Jaune", à la Place des Arts, au Festival d'été de Québec et en appui à l'Espace Félix-Leclerc. Presque au même moment, en juillet 2011, une troupe montait un spectacle basé sur les personnages du riche répertoire de Ferland, comme on l'a fait pour les Beatles (Across the Universe; Love) ou Beau Dommage (Le blues d'a métropole). La trame signée Benoît L'Herbier et Robert Marien, mise en scène par Serge Postigo s'articule autour du personnage Jean-Philippe Roy alias le petit Roy qui se remémore comment il a pu écoper de 20 ans de prison, après un incident qui s'est déroulé à Ste-Adèle, P.Q. Comme Tintin, il rejoint plusieurs générations.

De tous les pionniers de la chanson québécoise, Jean-Pierre Ferland demeure, avec Robert Charlebois, celui qui aura connu la carrière la plus multiple sur le plan musical. Sans oublier que l'auteur compositeur a aussi agi comme animateur à la radio et à la télé... en plus d'être un amoureux invétéré!

Que de chemin parcouru depuis que, jeune employé de bureau à Radio-Canada, il se risquait à écrire et chanter ses premières chansons, essentiellement pour plaire aux filles, comme il le dira souvent! Quelques mois plus tard, en 1959, après avoir cofondé le collectif les Bozos (avec Jacques Blanchet, Hervé Brousseau, Clémence Desrochers, Claude Léveillée et Raymond Lévesque), il abordait sa carrière en solo par la production d'un premier album, sur une étiquette indépendante, Music-Hall.

Très tôt, quelques-unes de ses créations deviennent des thèmes d'émissions télévisées: "Du côté de la lune" (Du côté de chez Lise, animée par Lise Roy), puis "Les couche-tard" également titre d'un des premiers talk shows québécois avec Jacques Normand et Roger Beaulu à la barre. En 1961, il rejoint la maison de disques Sélect et grave un nouvel album "Rendez-vous à la coda" qui contient "Du côté de la lune", "Les immortelles" et "Ton visage" dont la reprise par Félix Leclerc équivaut à une accolade et une première consécration.

L'année suivante, c'est "Feuille de gui" qui est lauréate du concours Chansons sur mesure, à Bruxelles, interprétée par Renée Claude. En 1963, après avoir gravé un deuxième microsillon chez Sélect, il s'envole pour Paris où il se produit d'abord à la Tête de l'art puis, en première partie de Colette Renard, à Bobino où on immortalise son passage sur un nouvel album. Il se rend en Pologne participer aux festivals de Sopot et de Cracovie puis profite de son séjour en France pour graver un nouveau lot de chansons dont "Je te cherche" et "M'aimeras-tu ou ne m'aimeras-tu pas".

De retour au Québec, il renoue avec la télévision et constate que ses chansons sont adoptées autant chez les artistes populaires que chez les adeptes de chanson plus sérieuse. Un groupe yé-yé, les Bel Canto ramène une version électrifiée de sa chanson "Feuille de gui" sur les ondes radio et dans les palmarès au printemps 1965 tandis que se développe, sur un tout autre mode, un réseau de boîtes à chansons où les auteurs compositeurs interprètes sont appréciés dans un contexte des plus dépouillé. Pour sa part, Jean-Pierre se voit confier le Club des jnobs puis un volet entier de l'émission Jeunesse Oblige.

Des plateaux de télévision et des multiples boîtes qui bourgeonnent à la grandeur du Québec, l'auteur compositeur interprète passe aux salles intermédiaires des théâtres paroissiaux et des écoles secondaires, pour ensuite remplir sa première Place des Arts en mars 1966. Nouvelle escapade en France où il crée plusieurs autres grandes chansons telles que "On dégringole" et "Avant de m'assagir", tout en sentant bien que, sous l'influence dominante du courant anglo-saxon, la scène musicale est en mutation. En 1968, son huitième album, paru cette fois-ci chez Barclay, est déjà plébiscité par l'accueil réservé aux chansons "Je le sais", "Marie-Claire" et "Je reviens chez nous", quand on lui décerne le Grand Prix du Disque de l'Académie Charles-Cros puis celui du Festival du disque, au Québec. L'année suivante, il poursuit sur sa lancée, se produit à l'Olympia où il partage l'affiche avec Marie Laforêt, et connaît à nouveau le succès populaire avec les chansons "Sainte-Adèle P.Q." et "Mon ami". Et pourtant... il décide de tout remettre en question, ébranlé par le vent de débauche qui frappe la chanson québécoise, via le mouvement psychédélique qui gravite autour de Robert Charlebois.

L'amour de la chanson et la force de caractère l'emportent finalement sur le découragement: après une période d'incubation de plusieurs mois, en compagnie de collaborateurs de la trempe de Michel Robidoux, David Spinozza, Tony Levine, et appuyé par le réalisateur André Perry et son équipe technique, il livre ce qui devient une oeuvre référence, l'album "Jaune", à l'automne 1970. À l'image de "Abbey Road" des Beatles, paru un an plus tôt, une face entière de celui-ci est constituée d'une suite de chansons quasi ininterrompue. Pour appuyer la sortie de cet album novateur, il mijote en vue de son prochain passage à la Place des Arts un spectacle audacieux, incluant la présence sur scène d'un authentique bulldozer. L'effet est réussi, d'autant plus que ces énormes machines sont automatiquement associées, dans l'est de l'Amérique, à la couleur jaune! Sur cette lancée, Ferland récidive l'année suivante avec un double album du même calibre, "Soleil". Indéniablement, J.P. a réussi sa mutation et compte parmi les piliers de la nouvelle chanson québécoise, celle ayant résolu la dualité poésie/modernité qui a trop polarisé la scène musicale de la décennie précédente.

Une preuve éclatante de l'abaissement des anciennes frontières est fournie par le duo que forme Jean-Pierre Ferland avec la chanteuse Ginette Reno en 1974, le temps de la chanson "T'es mon amour, t'es ma maîtresse". L'année suivante, lors des fêtes de la Saint-Jean, la même chanteuse soulève littéralement la foule réunie dans le parc du Mont-Royal avec son interprétation d'une autre chanson de Ferland "Un peu plus loin". En 1976, c'est au tour de Jean-Pierre d'être de cette même fête nationale en compagnie des Robert Charlebois, Gilles Vigneault, Claude Léveillée et Yvon Deschamps. L'événement est aussitôt immortalisé sur vinyle sous le titre "Une fois cinq", album qui remporte lui aussi un Grand Prix du Disque de l'Académie Charles-Cros l'année suivante.

À partir de 1978, l'animateur d'émissions télévisées relègue le chanteur au second plan: hormis une série de compilations et de participations à divers projets, Jean-Pierre ne produit essentiellement que trois nouveaux albums en quinze ans, lesquels paraissent en 1980 (album éponyme), 1981 "Y'a pas deux chansons pareilles" et 1984 "Androgyne". On lui confie successivement l'animation de Faut voir ça (1978), puis de l'émission de variétés estivales Station Soleil (1981-1987), de L'autobus du show-business (1987-1989) dont il est également le co-producteur et, finalement, une nouvelle émission estivale en duo avec Pierre Nadeau: Ferland-Nadeau en vacances (1989-1991).

Il trouve quand même le temps de monter un spectacle rétrospectif consacré à l'histoire de la chanson québécoise, intitulé Du gramophone au laser, avec le concours de Louis Portal, Marie-Claire Séguin et Nanette Workman. Ce spectacle tourne partout au Québec en 1984 et 1985. En 1989, c'est au tour de la comédie musicale Gala, coécrite avec Paul Baillargeon et construite autour du personnage joué par Sylvie Tremblay, de voir le jour. L'accueil est hélas en-deça de ses espérances. Il confie aussi, à l'occasion, quelques chansons à Nathalie Simard, Ginette Reno, Catherine Lara, Claude Dubois et Céline Dion notamment, avant de décider lui-même de poursuivre sa carrière discographique.

L'événement se produit en 1992, alors qu'il lance son premier album en huit ans: "Bleu, blanc, blues". L'accueil réservé à "T'es belle" et à "Pissou", sa première chanson à bénéficier de l'appui formel d'un vidéo-clip, l'encouragent à poursuivre. C'est finalement "Écoute pas ça" un album orienté vers la sonorité des guitares, essentiellement acoustiques, et réalisé à la campagne dans sa propre cabane à sucre, qui amorce le troisième volet de sa carrière musicale, en 1995. Les chansons "Envoye à maison", "Écoute pas ça" et "Une chance qu'on s'a" lui rallient un public hybride, de l'étudiant écolo au vieux fan un peu fatigué mais toujours alerte. C'est un peu pour eux qu'il décide de prolonger le plaisir en présentant "L'amour c'est d'l'ouvrage", sur un concept similaire, à l'hiver 1999.

Fort de ses deux réussites, l'artiste entame une nouvelle tournée fortement acoustique, en compagnie de ses complices Alain Leblanc, Bob Cohen, Peter Kisilenko et John McColgan. Celle-ci dure près de deux ans et le mène aux quatre coins du Québec, notamment en ouverture des FrancoFolies de Montréal où il célèbre ses quatre décennies de chanson en compagnie de Michel Rivard et Daniel Bélanger. La tournée fait l'objet de l'album "Live - Tournée 2000", disponible au printemps 2001. Sa participation au Festival d'été de Québec, en juillet, lui vaut le Prix Miroir de la Chanson d'expression française.

Figure de proue de la maison GSI Musique, Jean-Pierre Ferland se voit célébré par ses pairs à deux occasions: d'abord en février 2004, sur l'album "Ferland - Le petit roi", et l'année suivante qui marque le 35ième anniversaire de son album légendaire de 1970. La parution de "Jaune - 35 ans édition spéciale" et, en tiré-à-part, des versions retravaillées par les artistes des jeunes générations sur "Jaune 2005" permettent alors de jeter un regard sur l'influence de celui qui est le prolifique auteur de tout un pan du répertoire de la chanson québécoise.

Parallèlement à ce projet spécial, où le maître d'oeuvre Patrice Duchesne avait carte blanche, le principal intéressé découvrant le résultat final en même temps que les médias, à la sortie du coffret, Jean-Pierre entreprenait sa dernière tournée. Une tournée qu'il prolonge sur près de deux ans et qui s'articule autour des périodes marquantes de sa carrière: 3 fois Ferland: Ton visage - Jaune - Écoute pas ça. Une fois celle-ci terminée, le coffret DVD puis le disque "Ce soir-là", enregistré le 13 janvier 2007 au Centre Bell en conservent pour ses fans un émouvant souvenir. Ce dernier spectacle fut d'autant plus précieux pour l'artiste et ses fans qu'il a failli ne jamais avoir lieu, Jean-Pierre ayant été victime d'un grave malaise au moment des répétitions, au mois de décembre précédent

Outre ses quelques sorties publiques, l'homme qui ne désire plus reprendre la route et les tournées, retrouve son havre de Saint-Norbert où il partage son temps entre une semi-retraite bien méritée et des projets d'écriture comme cette "Madame Simpson", comédie musicale en chantier depuis une décennie. Il ne peut toutefois résister à certaines invitations comme à l'occasion de l'événement Céline sur les Plaines, dans le cadre des célébrations du quatrième centenaire de la ville de Québec, où le charmeur impénitent fait vibrer la foule en compagnie de Céline Dion et de Ginette Reno avec une reprise hautement émotive de la chanson "Un peu plus loin". Celle-ci sera d'ailleurs le point d'orgue du "Quatrième coffret", sous-titré Les chansons oubliées, l'automne suivant.

Jean-Pierre Ferland et une vingtaine d'autres personnalités québécoises ont été décorées des insignes de l'Ordre de la Pléiade, en 2010, lors d'une cérémonie qui s'est déroulée au salon rouge de l'Assemblée nationale. L'homme n'a pas fini de nous étonner.

On peut visiter le site officiel de Jean-Pierre Ferland.

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