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Edith Butler fait ses débuts en 1962, chantant dans les cafés de Moncton, les festivals et à l'émission Singalong Jubilee, diffusée à partir des Maritimes sur le réseau de la CBC. En 1964, elle incarne le personnage principal du film Les Acadiens de la dispersion, produit à l'ONF, et enseigne la littérature à Bathurst.
De 1966 à 1969, elle mène des études en ethnographie à l'Université Laval de Québec et chante dans les boîtes de la région. En 1970, Edith Butler chante pendant six semaines au pavillon du Canada à l'Exposition international d'Osaka, au Japon, et participe aux festivals de folklore de Mariposa, de Toronto et de Washington. Après une tournée en Irlande en 1971 et une autre en Europe en 1973, elle s'installe à Montréal, compose ses premières chansons et lance l'album "Avant d'être dépaysée".
Avec Angèle Arsenault, Lise Aubut et Jacqueline Lemay, elle fonde, l'année suivante, la Société de Production et de Programmation de Spectacles (SPPS). Chantre de l'identité acadienne, cette ancienne étudiante d'Antonine Maillet connaît ses premiers succès sur disque avec "L'Acadie s'marie" et "Mais je m'en vais demain". Mariant le folklore acadien et la ballade populaire, ses compositions, dont son impresario Lise Aubut écrit souvent les textes, lui assurent une immense popularité dans la deuxième moitié des années 1970.
Le succès des chansons "Je vous aime, ma vie recommence", "C'est une chanson d'amour", "Chanson pour endormir le vent" et "Paquetville" l'amène sur toutes les scènes du Québec, dont la Place Des Arts et le Grand Théâtre de Québec. En 1977, elle participe au Festival de Spa, en Belgique, avec Serge Reggiani et anime, à la télévision de la SRC, la Veillée de Noël. L'année suivante, elle fait partie du spectacle soulignant le 370e anniversaire de la fondation de la ville de Québec. Elle effectue une tournée pancanadienne en 1979.
En 1981, Édith Butler effectue une percée en France où elle donne des spectacles au Théâtre de la Ville à Paris et est invitée aux prestigieuses émissions de télévision Champs-Élysées et Le grand échiquier. La France lui décerne le Prix international de la jeune chanson en 1981 et le grand prix de l'Académie Charles-Cros 1984 pour son album "Je m'appelle Édith". Cette année-là, la SRC lui consacre l'émission Édith Butler, Superstar et, l'année suivante, un autre spécial enregistré à Halifax avec la Symphony Nova Scotia.
Avec son dynamisme et ses talents de chanteuse, conteuse et musicienne (en plus de la guitare, elle utilise sur scène une vingtaine d'instruments, tels le banjo, la guimbarde et l'accordéon), Édith Butler conquiert le public de l'Olympia de Paris en 1985 et 1986, années où l'ADISQ lui décerne respectivement le Félix du spectacle de l'année pour sa tournée Un million de fois je t'aime et celui de l'artiste s'étant le plus illustré sur le marché francophone hors Québec. Sur disque, le succès des chansons "Laissez-moi dérouler le soleil", "Supersummertime I Love You", "Escarmouche à Restigouche" et "Un million de fois je t'aime" vient confirmer la popularité d'Édith Butler. Inaugurée en 1985, sa série de trois albums destinés à susciter une ambiance de party lui procure un succès de masse ainsi que le Félix de l'album s'étant le plus vendu pour "Le party d'Édith" en 1986, année où la chanteuse acadienne reçoit un Nellie Award pour la meilleure performance radiophonique à Toronto.
En 1990, Édith Butler revient avec un album au contenu plus engagé et universel "Drôle d'hiver", "Comme un béluga", "Cajuns de l'an 2000". En août 1994, elle participe au Congrès mondial des Acadiens. En plus de trois albums certifiés platine (100 000 exemplaires vendus), la chanteuse a plusieurs distinctions honorifiques à son actif, dont l'Ordre du Mérite de la culture française que lui a attribué le Sénat canadien (1971), l'Ordre du Canada (1975), l'Ordre de la Pléiade du Nouveau-Brunswick (1978), un doctorat honoris causa en musique de l'université de Moncton (1985) et la médaille Marius-Barbeau de l'Association canadienne pour les études de folklore. Elle a de plus été faite princesse amérindienne honorifique de la nation Abénakis.
Au cours de la décennie 90, elle propose en alternance un autre album festif "Ça swinge" et un album plus thématique du calendrier: "À l'année longue". Elle participe aussi à d'une série de deux albums intitulés "Mon folklore, la richesse d'un héritage", en collaboration avec Jacqueline Lemay avec qui elle avait aussi enregistré les albums à caractère pédagogique "C'est la récréation" et "Barbichon, Barbiché" au début des années 80.
La chanteuse a fait ses débuts au théâtre dans la pièce "Le tintamarre" d'Antonine Maillet au Théâtre du Rideau-Vert en avril 1999. En mars 2003, après huit ans d'absence sur disque, elle lance l'album "Madame Butlerfly" qu'elle a concocté avec Catherine Lara. Dans un environnement où se rejoignent recherche sonore et traditions trans-culturelles, les deux artistes et leurs complices y recréent des chansons séculaires comme "Le grain de mil", "Dans les prisons de Nantes" ou "Marie Caissie" pour les projeter dans le nouveau siècle sous de nouveaux atours.
Avec Lise Aubut, Édith Butler a fondé, en plus de la SPPS, l'Aide à la création artistique et littéraire de la femme (Acalf, 1975) ainsi que les Éditions de l'Arcadie (1975) chez qui elle a publié L'agenda d'Édith Butler (1979) pour souligner le 375e anniversaire de son pays natal. Compositrice de la plupart de ses chansons, Édith Butler a également signé la musique du film Arrabal. La maison d'édition Leméac a publié, en 1977, un recueil de ses chansons intitulé L'Acadie sans frontières.
On peut visiter le site officiel de Édith Butler.
Source Ce texte biographique a été rédigé par Robert Thérien, chercheur et spécialiste de la chanson québécoise et actualisé par l'équipe de Québec Info Musique.
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