Emma
Albani

 Emma Albani

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Parcours

Notes biographiques
Nom véritable Emma Lajeunesse 
Aussi connue sous Albani  
Naissance 1847-1930   
Carrière professionnelle 1869-1911   

Emma Lajeunesse est née dans le petit village de Chambly, une quinzaine de kilomètres au sud de Montréal. Musicien professionnel, son père lui inculque les premiers rudiments de piano, de violon et de harpe. Mais ce sont les religieuses du couvent où elle est pensionnaire qui découvrent la voix exceptionnelle d'Emma. À l'âge de 13 ans, en 1860, la jeune Emma est invitée à chanter lors de la visite du Prince-de-Galles, lors de l'inauguration du Pont Victoria.

Mais il n'est pas facile à cette époque pour une famille de condition modeste d'amasser les fonds nécessaires à des études en Europe. Expatriée à Albany, dans l'État de New York en 1865, Emma y chante à l'église où il lui arrive aussi de toucher l'orgue, puis part finalement pour Paris trois ans plus tard. Elle étudie d'abord avec le célèbre ténor Gilbert-Louis Duprez, puis À Milan avec Francesco Lamperti, un maître sévère et rigoureux qui est convaincu du talent exceptionnel de sa jeune élève. Après deux ans en Europe, Emma n'a plus le sous et n'a d'autre choix, malgré son manque d'expérience, de faire ses débuts professionnels en décembre 1869, au Teatro Vittorio-Emanuel de Messine, en Sicile, dans le rôle d'Oscar de "Un Ballo in Maschera" de Giuseppe Verdi.

Mais Lajeunesse comme nom de scène... On lui suggère plutôt Albani, le nom d'une vieille famille italienne. Pour la jeune fille, c'est aussi le nom de la ville de Nouvelle-Angleterre qui lui a donné sa chance. Ses succès répétés lui valent de nombreux engagements en Italie où elle est invitée à se joindre, en 1871, à la troupe d'opéra italien du Her's Majesty à Londres. C'est cependant à Covent Garden qu'elle fait ses débuts, le 2 avril 1872, dans "La sonnambula". Emma Albani sera pendant 25 ans une des étoiles de ce temple de l'opéra londonien. Après un retour à Paris à l'automne 1872, Emma se produit en tournée à Moscou avant de faire ses débuts, en octobre 1874, dans "La sonnambula" à l'Academy of Music de New York où elle chantera également "Lohengrin", son premier rôle wagnérien.

Après une autre tournée en Angleterre et en Irlande, Emma Albani triomphe de façon décisive à Paris où elle est reçue par le président au Palais de l'Elysée. En 1877, la cantatrice chante devant 20 000 personnes au Crystal Palace de Londres. L'année suivante, elle se produit dans "La Traviata" à Paris puis crée l'opéra "Alma l'incantatrice" écrit pour elle par le compositeur Friedrich von Flotow. Une nouvelle tournée en Russie en 1879 et d'éclatants succès en Belgique, à Monte-Carlo et à Berlin où l'empereur Guillaume la reçoit en 1882, précèdent une grande tournée nord-américaine qui l'amène à New York, Chicago, Baltimore, Washington, Toronto et finalement chez elle à Montréal en mars 1883. Elle y reçoit un accueil triomphal au Queen's Hall où ses trois spectacles attirent plus de 10 000 personnes. Le poète Louis-Honoré Fréchette récite à cette occasion un poème qu'il a composé en l'honneur de la cantatrice.

Emma Albani se produit en Europe avec les artistes les plus célèbres de l'époque, dont Pablo de Sarasate, Ignacy Paderewski, Francesco Tamagno, Victor Capoul et Victor Maurel. En 1885, Georges Gounod écrit pour elle "Mors et vita". En 1886, elle chante le premier rôle de l'oratorio de Franz Listz "La légende de Sainte-Élisabeth" devant le célèbre compositeur qui se dit ravi de son interprétation. Elle revit une expérience semblable à l'occasion de "La fiancée du fantôme" et de l'oratorio "Sainte Ludmilla" de Dvorák, dirigés par le compositeur tchèque, puis pour "The Golden Legend" d'Arthur Sullivan.

Au début et à la fin de 1889, elle revient à Montréal, Québec, Toronto, Hamilton et London. Le 10 mai 1890, lors d'un concert-bénifice pour l'hôpital Notre-Dame, elle soulève les 6000 spectateurs venus à la patinoire Victoria l'entendre chanter aux côtés du pianiste Salomon Mazurette, du violoniste Alfred De Sève et de la Bande da la Cité dirigée par Ernest Lavigne. La même année, la grande cantatrice devient membre de la troupe Abbey & Grau du Metropolitan Opera. En janvier 1892, avec la Bande da la Cité, elle se produit dans "Lohengrin" et "Les Huguenots" à la salle de l'Académie de Musique de Montréal. Elle reviendra au Canada en 1896 et lors de sa tournée d'adieu, avec Éva Gauthier, en 1906.

Amie et confidente de la reine Victoria, Emma Albani chantera aux funérailles de la souveraine britannique en 1901. Emma Albani complète, en 1896, sa dernière saison à Covent Garden avec un triomphe sans précédent dans "Tristan und Isolde", "Don Giovanni" et "Les Huguenots". Elle fera ses adieux définitifs au Royal Albert Hall le 14 octobre 1911. Ayant subi des revers de fortune, elle doit enseigner et même accepter des engagements au music-hall. Le gouvernement britannique lui vote, en 1920, une rente annuelle, ce que refusent de faire les gouvernements du Canada et du Québec. Le 25 mai 1925, la célèbre cantatrice Nellie Melba organise un gala-bénifice à Covent Garden auquel participe notamment le soprano québécoise Sarah Fischer. Un semblable concert, tenu trois jours plus tard au Théâtre Saint-Denis de Montréal, et une souscription publique permirent d'amasser plus de $4 000 qui aidèrent Emma Albani à finir doucement ses jours le 3 avril 1930.

Emma Albani est assurément l'artiste québécoise ayant atteint la plus grande renommée internationale. Les compositeurs québécois Guillaume Couture, Alexis Contant, Salomon Mazurette et Ernest Gagnon lui dédièrent des mélodies. Un portrait réalisé par Will Hicock Low en 1877 est exposé au Musée du Québec qui possède, en outre, un buste en marbre de la cantatrice réalisé par le prince Victor Hohenlohe de Langenburg. Frederick Ernest Gye, le fils d'Albani, a institué, en 1934, le Albani Prize, décerné chaque année par le Royal Conservatory of Music de Londres à une chanteuse débutante. Un timbre-poste fut émis en 1980 par le gouvernement du Canada pour souligner le 50e anniversaire du décès d'Emma Albani. Une stèle a été érigée sur le site de sa maison natale, rue Martel à Chambly. L'organisme sans but lucratif La maison Albani a été fondée en 1986 à Chambly pour promouvoir la diffusion des arts et perpétuer le souvenir de la célèbre chanteuse. Cet organisme est dépositaire d'une partie des archives de la cantatrice, le reste se trouvant à la Bibliothèque nationale du Canada et aux Archives nationales du Québec à Montréal.

Source

Ce texte biographique a été rédigé par Robert Thérien, chercheur et spécialiste de la chanson québécoise et actualisé par l'équipe de Québec Info Musique.

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