Claude
Blanchard

 Claude Blanchard

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Parcours

Notes biographiques
Nom véritable Claude Blanchard 
Aussi connu sous Nestor  
Naissance 1932-2006   
Carrière professionnelle 1946-2006   

Avec une carrière s'étendant sur 60 ans, Claude Blanchard aura connu plusieurs époques et touché à de nombreux aspects du métier d'artiste. Selon la formule consacrée, il aura été vedette de la scène, du disque, de la télévision et du cinéma. D'abord danseur, puis fantaisiste, il s'est intéressé à la chanson à titre de dilettante, dans le contexte du burlesque et du music-hall. Citons les duos Lucky Boys (danse à claquette), Claude et Armande (chanson et comédie) sans oublier l'inoubliable équipe formée de Claude Blanchard et Léo Rivest.

Ayant débuté dans les tournées Grimaldi, Claude y côtoie les plus grandes vedettes du burlesque et de la chanson comique ou de charme. Lui même se fera à l'occasion chanteur, dès les années 50, alors qu'il se présente en tandem avec Armande Cyr, mais ne gravera ses premiers refrains sur disques 45 tours qu'au milieu de la décennie 60 avec "Bal, petit bal" et "Cher Antoine". Les albums longue durée auxquels il participe seront avant tout consacrés à des sketchs comiques. À cet égard, les titres de ces microsillons sont éloquents: "Fais pas ton smart!", "Ça c'est mourant", "Un party ben l'fun".

Mais Claude Blanchard ne serait pas devenu le personnage qu'il représente sans l'apport de la télévision. Dès les premières années de ce média, il apparaît dans l'univers de la famille Plouffe, sous l'allure de Ben Campeau, un compagnon de chantiers de Ti-Mé, le personnage joué par Jean Coutu. Ce ne sera que bien plus tard qui retrouvera des rôles de composition, dans les années 1980 et 1990. Dans l'intervalle, on pouvait le voir occasionnellement en tant que raconteur d'histoires et blagueur dans les émissions hebdomadaires Alors raconte ou Les trois cloches. Sa participation à la populaire émission Madame est servie, en compagnie de Réal Giguère, lui vaudra le titre de Monsieur Télévision en 1970.

Le début de cette nouvelle décennie est pour lui le moment de ses plus grands succès populaires: il a alors sa propre émission, évoquant l'atmosphère glamour et un peu épicée des cabarets les plus chics, dans la lignée que propose un Dean Martin sur la scène internationale. Pour l'occasion, il donne une allure toute guillerette à un classique du répertoire swing français qu'il adopte comme thème de l'émission: "Que reste-t-il de nos amours" du grand Charles Trenet. C'est au cours de L'émission Claude Blanchard qu'il crée, d'abord pour les besoins d'un sketch parmi d'autres, le personnage de Nestor. Tant le comédien que les scripteurs de l'émission sont dépassés par la popularité du grand gamin plutôt haïssable qui se plait à balancer des énormités sous des dehors de fausse naïveté. La ritournelle "Ch'u d'bonne humeur" est même déclarée Chanson de l'année 1971, au Gala des Artistes. Parmi les autres titres au palmarès de Nestor, citons "C'est-y assez fort" et "Les 'tites filles me travaillent". Claude publiera par la suite quelques recueils de blagues dont plusieurs avaient été recueillies et notées au cours de ses différentes émissions.

Mais le chanteur-comédien - ou est-ce l'inverse? - n'est pas qu'un amuseur et un guignol. Ayant déjà administré un cabaret avec sa collègue Armande dans les années 50, il crée plus tard sa propre boîte de nuit qu'il nomme La Cravate blanche et où il reçoit un public sélect. Au cours des ans, on le sollicite pour divers rôles dans des films de Denys Arcand (Gina, Jésus de Montréal), Marcel Lefebvre (Mustang), Gilles Carle (Fantastica) ou Pierre Mignot (Blue la magnifique). Ce dernier film lui mérite un Prix Gémeaux en 1990. Parallèlement, la télévision de Radio-Canada lui offre quelques rôles plus consistants à partir des années 80, et surtout 90. Il joue dans Montréal ville ouverte, Omerta et surtout Virginie, émission quotidienne où il incarne le père de l'héroïne qu'interprète Chantal Fontaine depuis 1996.

Sur le plan musical, le fantaisiste s'était fait plus sérieux le temps d'un dernier 45 tours, en 1983, dédié à sa mère et intitulé "J'aurais dû lui dire". Après avoir consacré une grande partie de son temps à son métier de comédien au cinéma et à la télévision au cours de ces années, il revient à la scène et à ses premières amours avec une revue de music-hall: C'est beau la vie, qu'il présente en tournée à partir de 1999. Après avoir donné ce spectacle dans plusieurs villes du Québec, il revient au petit écran pour la télésérie Music-Hall, à la télé de Radio-Canada, au printemps 2002. Ayant éprouvé de sérieux problèmes de santé depuis ces dernières années, Claude Blanchard a toujours repris les choses en mains et se préparait à monter un nouveau spectacle pour le Casino de Montréal lorsqu'un cancer finit par l'emporter, à la fin de l'été 2006, à l'âge de 74 ans.

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