Les
Batinses

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Parcours

Notes biographiques
Aussi connus sous --  
Membres de la formation Alain Baril, Andrée Bilodeau, Mathieu Girard, François Morrissette, Todd Picard, Andy Stewart
Carrière professionnelle Depuis 1994   

Nés de la volonté de se réapproprier leur héritage musical tout en demeurant attentifs à ce qui se passe dans le vaste monde, les Batinses sont devenus des ambassadeurs de premier plan du répertoire traditionnel québécois. Mais un répertoire traditionnel qui se démarque de l'image datée et immuable qu'on pouvait en avoir il y a quelques décennies. Après avoir été prises en bouche par la génération revivaliste des années 70, les chansons, turlutes, farces et complaintes ont connu de nombreuses adaptations ou réincarnations depuis la percée internationale d'artistes comme La Bottine Souriante ou Michel Faubert. Ces leaders naturels allaient inspirer, une décennie plus tard, toute une cohorte de nouveaux ensembles au fil des ans.

À Québec, c'est lors de partys étudiants, puis à L'Espace M. Lavoie et au Café-théâtre Les Fourberies, que ces jeunes multi-instrumentistes font leurs premières apparitions au milieu des années quatre-vingt-dix. Que ce soit avec des relectures de chansons du folklore local ("Marie Calumet", "Turlututu") ou des compositions originales ("L'opus scroll 18", "Sulkan"), les Batinses ne manquent jamais de susciter un délire de bon aloi. En 1997, ils sont la révélation du spectacle de la St-Jean sur les Plaines d'Abraham et à l'automne ils s'enferment en studio pour concocter un premier album autoproduit, "Charivari". Les fans y retrouvent leurs succès de scène comme la très rabelaisienne "L'aubarge" ou la plus réaliste "Le temps des déménagements", révélée à ces jeunes gens par la bande sonore du documentaire La Turlute des années dures, du cinéaste Pascal Gélinas. Ils y découvrent aussi de nouvelles trouvailles comme cet hommage à toutes "Les filles de St-Drolet" que le chanteur Yvon Legendre avait appris du patriarche Alphonse Morneau de La Malbaie.

L'année suivante, ils sont repêchés par la maison Mille-Pattes qui voit déjà aux carrières de La Bottine Souriante, de Danielle Martineau et de Michel Faubert. Une première collaboration avec Pierre Potvin du groupe Bori les amène à présenter un nouveau spectacle conceptuel à la salle Multi du regroupement Méduse, à l'automne 1998. Les critiques commencent à associer leurs voix à celles des fans. Le groupe continue à bourlinguer, effectue un petit détour par la France, va se faire voir à Montréal et revient à Québec pour le spectacle d'ouverture du 32e Festival d'été de Québec où il partage la scène avec Michel Rivard, en juillet 1999.

Après avoir terminé le siècle en secouant un peu les traditions, alliant les références de la sono mondiale aux poussées d'énergie plutôt punk en passant par toutes les explorations que peuvent permettre les démarches personnelles des membres du groupe, les Batinses présentent un deuxième album "Tripotages" au printemps 2000. Les mélodies séculaires y sont plus que jamais amalgamées aux accents métissés de sources latines, jazz, klezmer ou nordiques tout en approfondissant davantage le terroir local. Cette année-là, ils se font entendre au festival Celtic Connections à Glasgow, en Écosse et retournent en France. De passage à Québec en juillet 2001, à l'occasion du Festival d'été, ils fraternisent avec Vincent Peake de Groovy Aardvark et rendent une version pour le moins speedée de la chanson "Les parcomètres" d'Oscar Thiffault, pièce qu'ils garderont à leur répertoire et incluront à leur prochain album. Les membres du groupe n'en sont d'ailleurs pas à leurs premiers flirts avec d'autres formations d'approche musicale différente, deux des Batinses oeuvrant parallèlement au sein du groupe Interférence Sardines.

Les voyages se multiplient. Entre deux changements de fuseau horaire, les Batinses reviennent à la maison concocter leur troisième album "L'autre monde", puis s'envolent à nouveau pour le pays de Cervantes. C'est finalement à la mi-octobre 2002 que se concrétise ce troisième album où les styles musicaux se font plus diversifiés que jamais tout en se fondant dans le plus pur style Batinse. Oyez, braves gens, ces couleurs inhabituelles: hip-hop pour "Le jobber", hybride de ska pour "L'autre monde", version alternative de la traditionnelle "Chanson de menteries", quand ce n'est pas l'assaisonnement techno en boucles de "14-36" dans lequel l'adepte de ragou reconnaîtra le thème des "36 métiers, 36 misères" du méconnu Taffnut, ou bien l'irrespectueux détournement de cet "Oremus" avant de redevenir sérieux pour prendre ce voyage vers "Anticosti".

L'idée de graver sur disque l'énergie dégagée en spectacle trotte dans la tête des musiciens et de leur équipe depuis un bon bout de temps. C'est finalement en mai 2005, à la Caserne Dalhousie à Québec, que l'on procède à l'enregistrement qui, à l'encontre de la pratique courante, est essentiellement composé de nouvelles chansons. "Eaux-de-vies" qui contient un CD audio et un DVD du spectacle, additionné de plusieurs extras et d'un document retraçant leur parcours international, devient donc l'ouverture sur une nouvelle dimension de leur carrière, marquée par une prise en main de toutes les étapes de production. Le nouvel album coïncide également avec l'arrivée d'un nouveau batteur, Andy Stewart que les gens de Québec ont connu naguère au sein du groupe Barbaloots. Le percussionniste Fred Lebrasseur, réquisitionné par l'équipe de Robert Lepage, n'en collabore pas moins à titre de monteur vidéo et de musicien invité lors du spectacle initial.

Les couleurs musicales sur "Eaux-de-vies" tendent à nouveau vers la diversité, le rythme de tarentelle de "Morose" faisant contraste avec l'intro spacieuse de l'intrigante "Entre Paris et St-Denis" ou ce "Vieux laid lucide" qui sermonne sa jeune épouse sur un ton de rap. Les pièces instrumentales "Cigaló", "Schtounga", "Goulougoulou" et "Guadeloupe" rappellent évidemment qu'outre l'aspect festif, les Batinses sont avant tout des musiciens aventureux.

Le groupe est constitué de:

  • Alain Baril: saxophones, clarinette, flûte, harmonica, voix (depuis 2004)
  • Andrée Bilodeau: violons, alto, B-3, chant
  • Mathieu Girard: chant, guitares, banjo, bouzouki, mandoline, basse, B-3, charango
  • François Morrissette: chant, guitare, bouzouki, banjos, pieds, mandoline, harmonica, dulcimer, charango, guimbarde
  • Todd Picard: mandoline, banjo, basse, voix muezzin, psaltérion, guitare électrique
  • Andy Stewart: batterie, percussions (2001, 2002 et depuis 2005)

Le groupe a aussi compté dans ses rangs:

  • Réjean Carreau: percussions (tournée 1999)
  • Christophe Garenc: bodhràn, trompette, uilleann pipes, flageolet, tin whistles, bombardes bretonnes, oeufs, chant (jusqu'en 2001)
  • Marco Grenier: batterie (2001)
  • Jocelyn Guilmette: saxophones, violons, flûtes, voix (2001-2003)
  • Fred Lebrasseur: batterie, tabla, djembé, didgeridoo, percussions (jusqu'en 2005)
  • Yvon Legendre: chant, violon, harmonica (jusqu'en 1998)

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