Renée
Martel

 Renée Martel

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Parcours

Notes biographiques
Nom véritable Renée Martel 
Aussi connue sous --  
Naissance 1947   
Carrière professionnelle Depuis 1964   

Bien qu'exceptionnelle, la carrière de Renée Martel est pourtant caractéristique de plusieurs artistes de sa génération. Ayant grandi dans l'univers musical de ses parents, son parcours oscillera régulièrement entre modernité et tradition, entre le monde de la chanson pop et celui de l'héritage country dans lequel a baigné son enfance, alors que Renée se familiarisait déjà avec la scène, la télévision et les studios d'enregistrement. Elle reviendra à ce style musical de temps à autre mais ce n'est qu'à la fin de la décennie 1990 qu'elle réintègre pleinement la grande famille country, consacrant un album complet aux refrains marquants des pionniers du genre, puis un second à la mémoire de son père le chanteur Marcel Martel, décédé au printemps 1999. Après avoir réenregistré plusieurs de ses titres en version semi-acoustique, elle propose finalement un répertoire inédit "L'héritage" au printemps 2008.

Invitée fréquemment à l'émission paternelle à la station CHLT-TV de Sherbrooke elle participe aux tournées estivales à travers le Québec et tout l'est du continent nord-américain. Sa mère Noëlla Therrien, chanteuse réputée, l'encourage également à développer ses talents vocaux. Encore adolescente, elle grave des reprises de chansons populaires, sur les étiquettes Météor et Match. En 1966 elle commence à se produire en spectacle avec ses propres musiciens, sous le nom de Renée & The Silverboys, et effectue de fréquents séjours dans la métropole, alors en pleine effervescence.

L'été suivant, alors que l'Expo 67 donne un élan sans précédent à la culture populaire locale, elle se joint à l'équipe des disques DSP dont les artistes-vedettes comme Les Sultans, Éric, Claire Lepage ou Les Aristos ont le vent dans les voiles. Nous sommes alors en pleine vague yé-yé et plusieurs jeunes garçons et filles dans le vent deviennent vedettes du jour au lendemain. Pour sa part, Renée est déjà une pro lorsqu'elle connaît son premier succès sur disque avec "Liverpool". La chanson est suivie de "Je vais à Londres", deux références indirectes à la trajectoire des Beatles, les héros de la décennie sur le plan musical. Comme la majorité des artistes du temps, Renée gravera à quelques reprises des adaptations de chansons du célèbre quatuor: "Entre tes bras" (Good Day Sunshine), "Goodbye" et surtout "Un certain soir", la version savamment orchestrée de "The Night Before". Parmi ses sources d'inspiration, il faut aussi citer les chanteuses Petula Clark "Viens changer ma vie" (Color My World), Marie Laforêt "À demain my darling", Dionne Warwick "Quand un bateau passe" (Trains And Boats And Planes) et Dusty Springfield "J'aurai bien mon tour de chance" (I'll Try Anything).

Découverte féminine de l'année 1968 au Gala des artistes, elle participe une première fois à la super tournée estivale Musicorama aux côtés de Karo, Stéphane, Dick Rivers et Patrick Zabé ainsi que des groupes Les Lutins, Les Hou-Lops et les Jades. Dans la mouvance de ces spectacles saisonniers, elle grave successivement deux hymnes de circonstance en duo avec Michel Pagliaro, qui vient tout juste de quitter les Chanceliers. "Les vacances" se veut un des tubes de la tournée 68 et l'année suivante le duo courtise les palmarès à nouveau avec "C'est l'été", sur la nouvelle étiquette Spectrum du producteur Denis Pantis.

Devenue une des vedettes les plus adulées des adolescents, on la retrouve évidemment en première page des hebdos artistiques, quel qu'en soit le motif. Elle sait aussi gagner les plus grands et son auditoire se fait de plus en plus familial, qu'elle choisisse parmi les succès au goût du jour comme "Nos jeux d'enfant" et "Le bateau du bonheur" ou qu'elle rendre hommage aux chansons des années précédentes en interprétant "Le temps du muguet" ou bien "Embrasse-moi" (Be My Baby des Ronettes). Ce retour dans le temps, qui s'opère naturellement entre l'artiste et son public la rapproche bientôt de la chanson country & western qui a baigné son enfance. Mais c'est sans nostalgie qu'elle aborde le répertoire country de ses contemporains.

Des auteurs-compositeurs comme Gene MacLellan et Buffy Sainte-Marie deviennent de nouvelles références à son répertoire au moment où elle entre dans l'âge adulte. Il est bon de noter que dès ses premiers succès comme "Je vais à Londres" et "Johnny Angel", Renée Martel écrit elle-même les paroles françaises de certaines chansons, une habitude qui deviendra la norme à partir de 1970. C'est donc avec ses mots qu'elle impose coup sur coup deux succès de facture purement country au printemps et à l'automne 1972: "Un amour qui ne veut pas mourir" du groupe américain Delaney & Bonnie & Friends et "Si on pouvait recommencer", l'adaptation d'un succès du légendaire Don Gibson, "Just One Time".

Ce faisant, la blonde chanteuse refait le pont entre les musiques pop et country, deux genres musicaux qui se côtoyaient tout naturellement au tournant des années cinquante et soixante, et même chez des groupes pop comme les Beatles et les Rolling Stones, mais dont les voies avaient bifurqué depuis quelques années. Un rapprochement semblable a lieu en 1974 entre la musique pop et la chanson d'auteur sur l'album "Réflexions..." dont l'écriture est confiée à Marcel Lefebvre (sauf une chanson signée Christine Charbonneau) et la musique à Jean-Guy Chapados. L'album qui bénéficie aussi de la présence de Marcel Beauchamp et de Michel Robidoux ne connaît pas les succès de vente des précédents mais présente une nouvelle facette de l'artiste qui y aborde des sujets d'actualité comme "Le jogging" ou "Les sciences occultes" ainsi que les stéréotypes féminins: "La maîtresse" et "La reine du foyer". L'année suivante c'est Robert Charlebois qui lui écrit une version de son cru d'un succès de Glen Campbell "Rhinestone Cowboy", qui devient "Cow-girl dorée", un nouveau numéro un et un classique de la jeune chanson country au Québec.

En 1977 et 1978, elle coanime l'émission Patrick et Renée en compagnie de Patrick Norman sur les ondes de CFTM et du réseau TVA. Au même moment, alors qu'une vague rétro déferle à l'échelle mondiale et au Québec, elle reprend quelques succès mûris par les ans: "Tu n'es plus là" (Blue Bayou de Roy Orbison, réactualisé par Linda Rondstadt), "J'ai besoin de ton amour" et "Quand va-t-on m'aimer" (Walk Right Back et When Will I Be Loved des Everly Brothers), cette dernière interprétée en duo avec Michèle Richard, son amie d'enfance. Ayant rejoint l'équipe des disques # 1 de Guy Cloutier, elle grave un album complet en hommage à Connie Francis et à Brenda Lee en 1980 puis participe à la tournée La grande rétro en 1981, en compagnie de Johnny Farago, René Simard, Gilles Girard et du groupe Johnny Jet Black and the Comeback. Entre-temps, elle maintient sa présence au palmarès avec des succès dans une veine plus contemporaine comme "Darling" ou "El Lute".

En 1983, son album "C'est mon histoire" marque sa première collaboration avec les disques Star et lui vaut le trophée Félix de l'album country de l'année. La chanson titre est une adaptation d'un succès mineur de Dolly Parton "Nickels And Dimes" qui connaît un bien meilleur sort dans son interprétation québécoise. L'album renferme aussi le futur hymne des fans de musique country, qui donnera son nom à une série télévisée retraçant les principaux jalons de l'histoire du country au Québec quelques années plus tard. Cette chanson "Nous on aime la musique country" réunit pour une rare fois les voix de Renée et de ses parents, Marcel Martel et Noëlla Therrien. L'année suivante elle offre à son public un ultime "Cadeau" avant de se retirer de la scène pour plus de six ans, ayant choisi de s'installer au Maroc où la mène le travail de son époux. Avant de partir, elle participe encore à la tournée Jeunesse d'hier à aujourd'hui, une rétrospective réunissant une dizaine d'artistes et qui rappelait l'époque de la célèbre émission de télé mettant en vedette Pierre Lalonde et Joël Denis.

À son retour, au début des années quatre-vingt-dix, elle retourne en studio et lance un nouvel album intitulé "Authentique" qui ne renferme que des chansons inédites. À partir de 1994 elle anime une nouvelle série hebdomadaire à la télévision de Radio-Canada, Country Centre-ville, depuis Moncton où elle accueille divers artistes du monde country francophone et qui garde l'antenne pendant trois ans. Cette occupation régulière lui laisse moins de temps pour la scène mais ce n'est que partie remise.

À l'été 1997, elle reprend la route et prépare, l'hiver suivant, un nouvel album consacré au travail des pionniers country & western du Québec. L'album intitulé simplement "Country" paraît en 1998 et est suivi d'un nouveau spectacle qu'elle conçoit en hommage aux Paul Brunelle, Willie Lamothe et Marcel Martel. Le sort ne lui permettra pas de terminer cette tournée, suite à un accident qui l'immobilise pendant plusieurs mois. Avant même qu'elle ne soit complètement rétablie, le décès de son père et de nouveaux problèmes de santé l'amènent à réévaluer son approche du métier. L'album "À mon père", consacré entièrement aux chansons de Marcel Martel comme "Un coin du ciel", "Infâme destin" ou "Simple passager" allait aussi être son adieu à la vie d'artiste. Ironiquement, cet album devait aussi s'avérer le premier de sa longue discographie à être certifié Or, atteignant des ventes de 50 000 exemplaires, elle qui avait pourtant connu d'énormes succès sur 45 tours au début de sa carrière.

Au printemps 2002, elle publie une autobiographie avec la collaboration de son fils Dominique Chapados, aux éditions Publistar, sous le titre Ma vie, je t'aime. Elle y raconte son cheminement personnel, sa carrière professionnelle sur cinq décennies, et leurs incidences respectives, convaincue que sa carrière est à classer au rayon des souvenirs. Cependant, l'attrait de la scène est toujours présent et, lorsque son état de santé le lui permet enfin, elle effectue quelques sorties publiques puis réintègre le circuit professionnel au printemps 2007. Plusieurs auteurs-compositeurs chevronnés lui apportent de leurs créations en vue d'un nouvel album qui paraîtra l'année suivante.

La parution de "L'héritage" est saluée unanimement comme un moment majeur de sa carrière. Avec le concours de collaborateurs comme Nelson Minville, Gilles Valiquette, Bourbon Gauthier, Catherine Durand, Luc de Larochellière et plusieurs autres, Renée Martel devient un point de mire de la faune artistique. Un vieux fan avoué comme Richard Desjardins et un collaborateur d'il y a plus de trente ans lui écrivent chacun un duo que l'on peut entendre sur les radios branchées des derniers mois: Desjardins avec "À un coeur de cristal" et Charlebois pour "Un jour j'te raconterai". Malheureusement, la chanteuse doit interrompre sa tournée de retour après quelques représentations pour la reprendre à l'hiver 2009.

On peut visiter le site officiel de Renée Martel

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