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Tout en se faisant plus rare sur scène que la plupart de ses consoeurs et confrères, Lucille Dumont a mis son art et son dynamisme au service de la chanson française et des auteurs de chez nous tant sur disque que par sa présence assidue sur les ondes de la radio québécoise et plus tard de la télévision. Ayant cessé d'enregistrer au milieu des années soixante, elle a enseigné la technique vocale et l'art de l'interprétation à des générations d'interprètes par le truchement de son école privée.
Ayant elle-même étudié la musique avec Léo LeSieur, celui-ci la fait débuter le 16 octobre 1935 avec l'orchestre Sweet Caporal qu'il dirige dans le cadre d'une émission radiophonique. Par la suite, la jeune chanteuse se produit régulièrement aux émissions Linger A While et The Messengers of Melody (1936), en anglais à CFCF et à Chantons en choeur (1935-1938) à CKAC. Elle anime aussi Chansons de Lucille (SRC, 1936) et Enchantement (SRC, 1937) avec Léo Lesieur, de même que La veillée du samedi soir avec l'orchestre de Allan McIver sur les ondes de CKAC.
Un premier contrat de disques en 1938 n'a pas de suite. Adoptant le répertoire des grandes chanteuses françaises de l'époque, notamment Lucienne Boyer, Lucille Dumont devient une interprète très recherchée par les émissions de variétés radiophoniques, dont Refrains d'hier et d'aujourd'hui, Rêverie, Franco Swing (CKAC, 1940) et Variétés françaises. Lors d'un gala pour les Emprunts de guerre en 1945, la chanteuse crée "Insensiblement" de Paul Misraki, une chanson qui deviendra un succès international pour Jean Sablon.
Du 2 au 11 mai 1946, elle tient avec Fernand Robidoux, Marie-Thérèse Lenoir, André Rancourt, Marie Thérèse Alarie, Jacqueline Plouffe et Gérard Paradis, la vedette de la revue musicale Coquetel '46 au Monument-National. À compter de 1947, Lucille Dumont connaît ses premiers succès sur disques avec "C'était un jour de fête", "Maître Pierre", "Le gros Bill", "Si tu viens danser dans mon village" et "Ah, c'qu'on s'aimait". Cette année-là, elle devient la première chanteuse à être élue Miss Radio par les lecteurs de l'hebdomadaire Radiomonde.
Elle prend la vedette avec Jacques Normand de la revue Amourette au Théâtre Arcade en mai 1947. Artiste des plus en demande, elle anime à la radio de la SRC Café-concert Kraft (1941-1950), Tambours battant, Les chansons de Lucille (CKAC, 1947), Le théâtre de la chansonnette (1947), Connaissez-vous la musique? (1948), Le bal des copains (SRC), Les chansons d'hier (1951), Qui aura le dernier mot (CKAC, 1952) et Au rythme de Paris. En 1952, Lucille Dumont tient un rôle dans le radioroman Vie de femmes (SRC) de Paul Gury. Pour souligner les 15 ans de carrière de la chanteuse, l'animateur Jean Baulu lui donne le surnom de grande dame de la chanson qui lui est resté depuis. Elle remporte le Trophée Laflèche de la meilleure chanteuse en 1952. Au cabaret où elle se produit peu, elle prend notamment la vedette du Montmartre en avril 1952.
Interprète nuancée et de grande classe, Lucille Dumont anime, à la télévision québécoise naissante: Café des artistes (SRC, 1953) avec Jacques Normand et Paul Berval, Vive la compagnie, Feux de joie, Intimité et À la romance (1956-1960). Dès le début des années 1950, elle inclut à son répertoire un grand nombre de chansons québécoises originales, remportant en 1957 le premier prix du Concours de la chanson canadienne avec son interprétation de "Le ciel se marie avec la mer" de Jacques Blanchet. Dans les années 1960, Lucille Dumont continue de faire la promotion des auteurs-compositeurs québécois dans les émissions qu'elle anime à la télévision: Entre vous et moi (CFTM, 1961-1962), Lucille Dumont reçoit (SRC, 1965), Histoire d'une étoile (CFTM, 1967-1969) et Le temps d'aimer (CFTM, 1972-1973).
La chanteuse continue sa carrière à la scène jusqu'à un récital à la Comédie-Canadienne en 1968, année où elle ouvre à Montréal L'Atelier de la chanson, une école de chant et d'interprétation qui a vu défiler un grand nombre d'interprètes connus, dont Sylvain Lelièvre et Marie-Denise Pelletier. Elle a chanté devant plusieurs centaines de milliers de personnes lors de la Fête nationale de 1975 sur le Mont-Royal et, en mars 1998, le Canal D a présenté une biographie d'une heure retraçant la carrière de Lucille Dumont.
On peut voir Lucille Dumont dans le documentaire Café des artistes (Québec, 1953, ONF, 30 minutes; réalisation: Pierre Petel), avec Jacques Normand, Gilles Pellerin, Jean Lajeunesse, Pierre Daigneault et Joséphine Prémice (Haïti). Madame Dumont a été décorée de l'Ordre national du Québec en juin 2001. Une sélection de ses chansons a récemment fait l'objet d'un album de la "Collection Québec Info Musique", sur étiquette Experience.
Source Ce texte biographique a été rédigé par Robert Thérien, chercheur et spécialiste de la chanson québécoise pour le compte des Disques Expérience (une division de XXI-21 Productions inc.) et actualisé par l'équipe de Québec Info Musique.
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