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Il est des artistes à la carrière intermittente, que l'on a cru parfois perdre de vue, et qui soudain réapparaissent, aussi frais et dispos que lors de la dernière rencontre. C'est le cas de cet auteur-compositeur-interprète qui oeuvre dans le monde de la chanson depuis quatre décennies déjà et qui semble doté de sept vies, réapparaissant cette fois avec un album distribué chez Local, siège de nombreux artistes en émergence.
C'est pendant ses études à l'Université de Montréal que Pierre Létourneau, qui tâte alors du théâtre et du cinéma (il joue le personnage masculin principal dans le film Seul ou avec d'autres, pour de jeunes cinéastes qui ont noms Denys Arcand et Michel Brault), compose ses premières chansons qu'il interprète en s'accompagnant à la guitare. Après des débuts sur scène au Gésù, il se produit dans les boîtes à chansons. Avec le succès de son premier album, paru en 1963, et des chansons "Les colombes" et "La chanson des pissenlits", il anime, en 1964, l'émission La boîte à chansons, un des volets de l'émission Jeunesse oblige à la télévision de la SRC. Il grave encore deux albums sur étiquette Sélect où il flirte avec différents genres musicaux ("1940", "Grand-père est un yéyé", "J'm'appelle Antoine", "Les histoires de coeur"). C'est à cette époque qu'il amorce ses premières collaborations avec des artistes de la chanson populaire: "Le temps des îles" pour Michel Louvain et "Tu pourras courir" pour les Bel Canto. Vedette des boîtes à chansons, Pierre Létourneau tient l'affiche de la Comédie-Canadienne une première fois à l'automne 1965, puis une semaine en octobre 1966 et une nouvelle fois à l'été 1967. Composant pour lui-même et pour d'autres interprètes des chansons qui tiennent à la fois du style chansonnier et de la chanson commerciale, Pierre Létourneau passe bientôt à la maison de disques Jupiter et obtient quelques succès sur disques, notamment "La planque à Loulou". À L’été 1968, il anime l'émission radiophonique À ciel ouvert avec Jocelyne Pascal.
Après un séjour d'un an en France, Pierre Létourneau revient au Québec en 1971 et connaît un certain succès avec une fantaisie en hommage au hockeyeur "Maurice Richard". Il écrit alors de nombreuses versions françaises pour divers interprètes, dont Nicole Martin, Jacques Salvail, Michèle Richard et Michel Stax. Il renoue avec le palmarès en 1973 avec "Tous les jours de la semaine" qui constitue le succès commercial le plus important de sa carrière et marque le début d'une fructueuse collaboration avec le guitariste et compositeur Germain Gauthier avec qui il compose, au fil des ans, un grand nombre de chansons. Poursuivant sa carrière d'interprète, Pierre Létourneau remporte de nouveaux succès avec "On est tous des héros", "Il faut bien rêver" et "Les secrétaires de bureau". De 1977 à 1982, il anime, à la télévision de la SRC, la série Pulsion, destinée à la promotion de nouveaux artistes de la chanson. À la même époque, il collabore à l'album "Rock and Roll" de Serge Blouin qui se veut un hommage aux héros de jeunesse du vieux routier qu'est ce musicien. Les chansons "Go Mr. Berry, go", "Femme de mes rêves" et "On dansait le rock and roll" contribuent à l'avènement local de la vague dite rétro.
Dans les années 1980, de nombreux succès viennent confirmer son talent d'auteur: "Aimer" pour Véronique Béliveau, "Comme tout l'monde" pour Luc Cousineau, "Amoureuse" pour Shirley Théroux. Il continue de présenter, dans de petites salles, ses nouvelles chansons dont "La vie de ville", "Le bonheur est tranquille", "Elle fait semblant d'être heureuse", "Chante avec moi" et "Plein d'amour". À l'été 1984, il présente, avec Claude Léveillée et Claude Gauthier, le spectacle Trois fois chantera qui, après son succès initial au Festival d'été de Québec, est présenté dans plusieurs villes du Québec.
Après le succès de l'album "Y'a du bonheur" en 1988, Pierre Létourneau met sur pied, avec Michel Robidoux, Priscilla Lapointe et Louise Poirier, le spectacle Les années-guitare, une rétrospective de l'époque des boîtes à chansons, qu'ils présentent un peu partout au Québec entre 1991 et 1995. Le chansonnier lance, à l'automne 1994, son premier album DC "On a tous un rêve fou", qui comprend les chansons "Dis-moi donc Plamondon", "Décrocher" et "Tu t'en vas toujours". Depuis le début des années 1990, il donne également des ateliers d'écriture de chansons dans les écoles primaires du Québec. En juin 1998, il se produit dans le cadre des FrancoFolies de Montréal.
Après avoir renoué avec les studios pour son quinzième album "J'te dis que c'est vrai" en 1999, Pierre Létourneau a droit à sa "Rétrospective" sur disque l'année suivante. Tout en continuant d'écrire, il monte un nouveau spectacle, conjointement avec Pierre Calvé, intitulé De la ville à la mer, que les deux complices créent à Québec à l'automne 2002. Cette initiative en tandem est reprise en tournée dans plusieurs ville du Québec, à plus de 65 reprises. Faisant ensuite équipe avec Jean-Guy Moreau qui révèle pour l'occasion ses talents d'illustrateur, Pierre publie un recueil de courts textes sous le titre À tors et à travers. Avec la complicité du guitariste et ami de longue date Michel Robidoux ainsi que du réalisateur Bill Gagnon, connu pour son travail avec le Ville Émard Blues Band, Létourneau revient dans l'actualité en tant qu'artisan de la chanson et propose, en mars 2006, son quinzième album qu'il intitule "Heures de pointe".
Au cinéma, Pierre Létourneau a tourné aux côtés de Stéphane Venne dans le court-métrage Seul ou avec d'autres (AGEUM/ ONF, 1961) et dans le film Viens, mon amour (1970) de John Sone. À la télévision, il a tenu le rôle de Steve dans le téléroman Rue de l'Anse (SRC, 1963-1965) et a joué dans le téléthéâtre Paradis perdu (SRC, 1971) de Marcel Dubé.
Source Ce texte biographique a été rédigé par Robert Thérien, chercheur et spécialiste de la chanson québécoise et actualisé par l'équipe de Québec Info Musique.
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